Le grand voyage des bernaches
Au début de l’automne, je suis une jeune bernache du Canada. Chaque matin, je regarde les feuilles rougir autour de notre étang. Ma mère marche près de moi et m’apprend à reconnaître le vent du nord. Un soir, elle annonce que notre groupe partira bientôt vers le sud. Là-bas, il fera plus doux et nous trouverons de la nourriture. Je suis heureuse de découvrir un nouveau pays, mais mon ventre se serre à l’idée de quitter notre étang.
Le lendemain, nous nous rassemblons sur la rive. Mon frère Malo vole en rond, tandis que notre chef, une grande bernache blanche, appelle les retardataires. Je prends place entre ma mère et Malo. Au signal, nous battons des ailes et formons un grand V dans le ciel. Le vol est difficile, mais la forme nous aide à économiser notre énergie. Sous nous, l’étang devient petit, puis disparaît derrière les arbres. Je garde les yeux sur ma mère.
Après plusieurs heures, un brouillard épais nous enveloppe. Je ne vois plus le soleil ni les collines. Un coup de vent pousse Malo loin de la formation. Il crie, puis ses battements deviennent faibles. Ma mère change de direction et je la suis jusqu’à lui. Le chef demande aux bernaches de voler plus lentement. Nous entourons Malo pour le protéger du vent. Peu à peu, il reprend son rythme. Dans le brouillard, nous avançons ensemble, sans perdre courage.
Au matin, le brouillard se lève enfin. Je découvre une longue rivière qui brille entre des champs dorés. Nous descendons près de l’eau pour nous reposer et manger des graines. Malo reste près de moi; il semble fatigué, mais son regard est vif. Après une courte pause, notre groupe reprend son chemin. Je comprends alors que la migration demande de l’effort et de l’entraide. Personne ne voyage seul lorsque le ciel devient difficile et que le vent souffle.
Enfin, nous atteignons notre destination, un marais calme rempli de plantes. Des bernaches arrivées avant nous nous accueillent par de grands cris. Je bois, puis je plonge mon bec dans la vase. La nourriture est abondante et le soleil réchauffe mes plumes. Le soir, je pense à notre départ de l’étang. Je suis encore loin de chez moi, pourtant je me sens plus forte. Au printemps, je referai le voyage vers le nord avec Malo.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Quel animal raconte cette histoire?
Vers quel endroit le groupe se dirige-t-il?
Que fait le groupe quand Malo s’éloigne dans le brouillard?
Pourquoi la narratrice garde-t-elle les yeux sur sa mère pendant le vol?
Que peut-on comprendre de l’état de Malo après la pause près de la rivière?
Pourquoi l’entraide rend-elle le voyage plus facile pour le groupe?
À ton avis, le groupe agit-il bien en ralentissant pour aider Malo? Explique ton opinion.
Quel message du récit te semble le plus important?