Les abeilles au Québec
Les abeilles du Québec
Au printemps, lorsque la neige fond dans les champs et les jardins du Québec, les premières fleurs apparaissent. Des abeilles quittent leur ruche pour chercher de la nourriture. On pense souvent à l’abeille domestique, élevée par les apiculteurs pour son miel. Pourtant, le Québec compte aussi des centaines d’espèces d’abeilles sauvages. Certaines vivent seules dans le sol ou dans des tiges creuses. Toutes ne fabriquent pas de miel, mais plusieurs transportent le pollen d’une fleur à l’autre. Ce travail discret aide les plantes à produire des graines et des fruits. Voilà pourquoi ces petits insectes sont importants pour nos milieux naturels et pour nos cultures.
La plupart des abeilles domestiques vivent ensemble dans une colonie. Dans la ruche, une reine pond les œufs, tandis que les ouvrières accomplissent la plupart des tâches. Certaines nettoient les alvéoles, d’autres nourrissent les larves, et plusieurs récoltent nectar et pollen. Les mâles, appelés faux-bourdons, ont surtout un rôle lié à la reproduction. Les ouvrières ne gardent pas le même travail toute leur vie : leur rôle change avec leur âge et les besoins de la colonie. Ainsi, chacune contribue à la vie du groupe, même si elle ne fait pas toutes les mêmes activités.
Des fleurs à visiter
Une abeille visite les fleurs pour y recueillir deux ressources. Le nectar, liquide sucré, lui fournit de l’énergie; le pollen apporte des éléments nécessaires au développement des larves. Pendant qu’elle se déplace, des grains de pollen s’accrochent aux poils de son corps. Elle en dépose ensuite sur une autre fleur de la même espèce. Ce transfert permet à la plante de former des graines, et parfois des fruits. Dans la ruche, les ouvrières construisent des rayons de cire, formés de petites alvéoles. Elles y entreposent la nourriture, que les autres membres de la colonie pourront utiliser.
Au Québec, la saison des fleurs ne commence pas partout au même moment. D’abord, les saules et les érables offrent du pollen tôt au printemps. Ensuite, les pissenlits, les fraisiers et les trèfles fleurissent dans les jardins et les prés. Plus tard, des fleurs comme la verge d’or apparaissent à la fin de l’été. Cette succession est utile, car les abeilles trouvent de la nourriture pendant plusieurs mois. Dans un jardin où une seule plante fleurit, les ressources peuvent manquer avant ou après sa floraison. Des plantes variées aident donc les pollinisateurs à se nourrir plus longtemps.
Réserves pour l’hiver
Les abeilles ne transforment pas le nectar en miel dès leur arrivée. Dans la ruche, elles le déposent dans des alvéoles et le ventilent en faisant bouger leurs ailes. Une partie de l’eau s’évapore, ce qui rend le liquide plus épais. Quand le miel est prêt, les ouvrières couvrent l’alvéole de cire. Elles gardent cette réserve pour nourrir la colonie, surtout lorsque les fleurs se font rares. Les apiculteurs prélèvent une partie du miel, mais doivent laisser assez de nourriture aux abeilles. La quantité récoltée varie selon la météo et les fleurs disponibles.
L’hiver québécois impose de grands changements à la colonie. Les abeilles domestiques ne quittent pas leur ruche pour chercher des fleurs lorsqu’il fait froid. Elles se serrent en grappe autour de la reine et font vibrer leurs muscles pour produire de la chaleur. Les abeilles bougent dans la grappe : celles de l’extérieur passent ensuite vers le centre. Elles se nourrissent des réserves de miel accumulées pendant les beaux jours. Les apiculteurs vérifient l’état des ruches et la quantité de nourriture, puis ils surveillent les signes de maladie. Ces visites doivent être prudentes, car ouvrir trop longtemps une ruche peut laisser entrer le froid.
Des défis à relever
Les abeilles rencontrent aussi des difficultés pendant la belle saison. Le varroa, un minuscule acarien, s’accroche aux abeilles et peut affaiblir une colonie. Certains produits utilisés contre les insectes nuisibles peuvent aussi toucher des pollinisateurs, surtout si les abeilles sont présentes au moment du traitement. De plus, quand les haies, les prés fleuris ou les vieux troncs disparaissent, les abeilles trouvent moins de nourriture et d’abris. Les étés très secs ou les changements brusques de température modifient également la floraison. Plusieurs causes peuvent donc rendre leur recherche de nourriture plus difficile.
Dans une cour, un balcon ou un terrain d’école, on peut planter plusieurs espèces de fleurs locales et choisir des plantes qui fleurissent à différents moments. Un petit coin de sol nu peut servir aux abeilles qui creusent leur nid; des tiges creuses peuvent aussi offrir un abri. Il vaut mieux éviter de traiter les plantes en fleurs, puisque les abeilles peuvent s’y poser. À la campagne comme en ville, ces gestes donnent aux pollinisateurs davantage de nourriture et de lieux où vivre. Les apiculteurs, les jardiniers et les familles peuvent tous contribuer à leur protection. Observer une fleur visitée par une abeille permet déjà de remarquer ce lien vivant entre les plantes et les insectes.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Quelles ressources les abeilles recueillent-elles dans les fleurs?
Que font les abeilles domestiques dans la ruche lorsqu’il fait froid?
Dans quelle partie apprend-on que différentes fleurs offrent de la nourriture à différents moments?
Pourquoi peut-on penser qu’un jardin avec plusieurs sortes de fleurs aide les abeilles plus longtemps qu’un jardin avec une seule sorte?
Que peut-on déduire des visites prudentes des apiculteurs dans les ruches?
Quelle idée du texte te donne le plus envie d’agir pour aider les abeilles? Explique ce que tu pourrais faire.
Quel passage trouves-tu le plus intéressant ou le plus clair? Explique ton choix en parlant d’une information ou d’un mot du texte.
Dans la phrase « Dans la ruche, les ouvrières construisent des rayons de cire, formés de petites alvéoles. », que signifie « rayons » ici? Donne aussi un autre sens possible de ce mot.
Dans la phrase « D’abord, les saules et les érables offrent du pollen tôt au printemps. Ensuite, les pissenlits, les fraisiers et les trèfles fleurissent dans les jardins et les prés. », quelles informations sont présentées en premier et après? Que montrent « D’abord » et « Ensuite »?