La lumière derrière la fenêtre
Le 31 octobre, à Saint-Jean-Port-Joli, les dernières feuilles tourbillonnaient dans la rue comme des oiseaux bruns. Camille, onze ans, accompagnait son cousin Malik pour la collecte de bonbons. Au bout du rang, une vieille maison semblait attendre dans l’obscurité. Ses fenêtres étaient noires, sauf une, où vacillait une lueur bleue. Malik prétendit qu’un voisin y préparait sûrement une décoration. Pourtant, Camille remarqua qu’aucune citrouille ne se trouvait sur le perron et que la porte était entrouverte.
Au moment où ils passèrent devant la galerie, trois coups sourds résonnèrent derrière la porte. Malik sursauta et serra son sac contre lui. Camille sentit la peur lui nouer la gorge, mais elle s’approcha d’un pas. Une ombre immense glissa sur le mur du vestibule, puis disparut. « Il y a quelqu’un? » demanda-t-elle. Aucune réponse. Alors, la poignée tourna lentement, sans que la porte s’ouvre. Le vent, pourtant, venait de tomber.
Les deux cousins reculèrent jusqu’au vieux érable, où ils aperçurent une fenêtre s’allumer dans la maison voisine. Une femme âgée, vêtue d’un manteau rouge, sortit sur son balcon et leur fit signe. C’était Mme Gagnon, qui habitait le rang depuis longtemps. Elle leur expliqua que M. Gagnon lui avait annoncé qu’il préparait une surprise dans la vieille maison. Elle leur cria qu’il devait s’y trouver, mais qu’il n’entendait pas bien. Camille hésita avant de la suivre.
Camille et Malik suivirent Mme Gagnon jusqu’à la porte arrière. À l’intérieur, M. Gagnon réglait un projecteur bleu qui faisait danser des silhouettes découpées sur les murs. Sa radio couvrait leurs voix, et il ne les avait pas entendus. La grande ombre venait d’un drap suspendu devant le projecteur. Quant à la poignée, son mécanisme était desserré : le dernier mouvement de la porte l’avait fait tourner, tandis qu’une chaîne retenait le battant.
M. Gagnon leur expliqua qu’il préparait un parcours de peur pour les enfants du quartier, mais que le vent avait emporté l’affiche qui annonçait l’activité. Malik rit enfin, un peu gêné d’avoir eu si peur. Camille, elle, observa les ombres qui grimpaient jusqu’au plafond. En repartant, elle se retourna vers la fenêtre bleue. La lumière venait de s’éteindre. Pourtant, derrière la vitre, une petite silhouette leva lentement la main. Cette fois, personne ne bougea.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Dans quel village du Québec Camille et Malik font-ils leur collecte de bonbons?
Qu’est-ce qui produit la grande ombre sur les murs de la vieille maison?
Pourquoi M. Gagnon n’a-t-il pas entendu Camille et Malik?
Que révèle le fait que Malik parle d’une décoration, puis serre son sac après les coups?
Pourquoi Camille s’approche-t-elle de la porte malgré sa peur?
Quel moment du récit t’a le plus inquiété? Qu’aurais-tu fait à la place de Camille? Explique ta réponse à l’aide d’un détail du texte.
Quel passage trouves-tu le plus réussi pour créer du suspense? Justifie ton choix.
Dans la phrase « Camille sentit la peur lui nouer la gorge, mais elle s’approcha d’un pas. », que signifie l’expression « lui nouer la gorge »?