Compréhension de lecture

La dernière balise

  • Français
  • 5e année
  • 1 section
  • Nouveau programme de français 2026

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Français — 5e année · Compréhension de lecture

La dernière balise

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Illustration du texte « La dernière balise »

Le samedi matin, Mila arriva au centre de plein air avec Sami et Noémie. Ils participaient à une course d’orientation en raquettes organisée pour les jeunes du quartier. Chaque équipe devait suivre une carte, trouver six balises dans la forêt et rejoindre le chalet avant midi. La veille, la météo annonçait un ciel dégagé. Pourtant, le vent secouait déjà les branches quand leur entraîneuse, madame Roy, leur remit une boussole et un sifflet. « Restez ensemble, observez le terrain et revenez au dernier repère connu si vous hésitez », leur rappela-t-elle. Mila, qui rêvait de gagner, hocha vivement la tête. Elle ignorait encore que cette journée lui demanderait davantage que de la vitesse : il faudrait surtout réfléchir.

Au départ, les trois amis vérifièrent leurs raquettes et rangèrent une collation dans leur sac commun. Sami, le plus habile avec la boussole, prit la carte; Noémie, qui connaissait bien la forêt, surveillait les balises orange. Mila voulait mener l’équipe. Au premier contrôle, ils poinçonnèrent leur fiche sans difficulté. Puis, en remontant un sentier étroit, ils aperçurent des traces de lièvre sous les sapins. Autour d’eux, la pente, les raquettes, les bâtons et la neige formaient un paysage entièrement tourné vers l’hiver. Noémie plaisanta sur leurs joues rouges, et le groupe rit. Leur deuxième balise se trouvait près d’un vieux pont de bois. Ils y arrivèrent en avance, confiants dans leur rythme et leur entente.

Après le deuxième contrôle, le ciel changea brusquement. Des flocons épais brouillèrent les arbres et le sentier devint difficile à distinguer. Les amis avancèrent plus lentement, en vérifiant souvent la carte. Ils trouvèrent la troisième balise au pied d’un grand pin, puis s’arrêtèrent pour se repérer avant de continuer. Deux chemins partaient de là : l’un descendait vers un ruisseau, l’autre montait entre des rochers. Mila sentit l’impatience la gagner. L’équipe avait déjà perdu quelques minutes et, devant eux, la forêt paraissait différente. Sami posa un doigt sur la carte, tandis que Noémie scrutait les alentours. Le vent emportait leurs paroles et les flocons s’accrochaient à leurs mitaines.

« Nous devrions retourner à la balise et vérifier notre direction », proposa Sami. Il ne voulait pas risquer de s’égarer alors que la visibilité diminuait. Mila allait répondre qu’ils devaient se dépêcher, mais elle remarqua une grosse roche fendue en deux près du chemin montant. Sur la carte, un dessin semblable indiquait un repère avant la quatrième balise. Les trois amis comparèrent le dessin et le terrain, puis choisirent le sentier qui grimpait. La neige étouffait leurs pas et la pente leur demandait un effort soutenu. Au bout de quelques minutes, ils trouvèrent un poteau orange à moitié enseveli. Noémie dégagea la balise avec ses mitaines; leur fiche reçut un nouveau poinçon.

Ils repartirent vers la cinquième balise, mais le vent se leva encore. Près d’une racine cachée sous la neige, Noémie perdit l’équilibre et tomba sur un genou. Elle se releva aussitôt, sans blessure, mais sa raquette s’était détachée. Mila s’arrêta pour l’aider à la remettre, même si elle pensait au temps qui passait. Sami vérifia la fixation pendant que Noémie reprenait son souffle. « Ça va, je peux continuer », dit-elle enfin. Mila sentit la course contre la montre, mais elle comprit qu’avancer sans vérifier l’état de son amie n’aurait aucun sens. Tous les trois repartirent ensemble, en choisissant un rythme plus prudent sur la pente glacée.

La cinquième balise était difficile à voir. Une rafale avait couché le ruban orange contre un amas de branches et la neige le recouvrait presque. Cette fois, personne ne se précipita. Noémie examina les arbres, Sami suivit les indications de la carte et Mila chercha le poteau près du sentier. Ils se partagèrent le terrain sans s’éloigner les uns des autres. Quand Mila aperçut enfin un bout de ruban, elle appela ses coéquipiers plutôt que de courir seule vers la balise. Ils poinçonnèrent leur fiche, puis prirent une collation. La dernière montée semblait interminable, mais Mila se répétait qu’il fallait tenir bon. Au sommet, un chemin large menait vers la sixième balise.

Il leur restait peu de temps avant midi. Les amis suivirent le chemin large, puis repérèrent la dernière balise près d’un abri de bois. À cet endroit, le vent était moins fort; ils purent consulter la carte calmement. La flèche indiquait un retour direct au chalet. Mila aurait voulu courir, mais le sol restait glissant. Elle proposa plutôt de garder leur allure et de se prévenir à chaque changement de direction. Sami ouvrit la marche, Noémie confirma les repères et Mila vérifia que personne ne prenait de retard. Les arbres s’écartèrent enfin. Entre leurs branches, ils aperçurent le toit du chalet et les drapeaux du départ. Ils se hâtèrent sans quitter le sentier.

Les trois amis franchirent la ligne d’arrivée à onze heures cinquante-huit. Leur entraîneuse les accueillit avec des serviettes et vérifia que tout le monde allait bien. Ils n’avaient pas gagné la course, mais leur fiche portait les six poinçons. En retirant ses raquettes, Mila se rendit compte qu’elle souriait. Elle repensa au moment où elle avait voulu accélérer, puis à l’arrêt nécessaire pour aider Noémie. « On a trouvé notre chemin parce qu’on a pris le temps de regarder ensemble », dit-elle. Sami acquiesça, et Noémie ajouta qu’elle n’aurait pas voulu terminer sans eux. Dehors, les flocons continuaient de tomber. Mila comprit que leur meilleure réussite n’était pas leur classement, mais leur façon d’avoir avancé comme une équipe.

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FrançaisCréé par Karine avec Coprof.ca · 12 octobre 2026 · v0.2 · b22376f