Compréhension de lecture

Le grelot du vieux moulin

  • Français
  • 4e année
  • 1 section
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Français — 4e année · Compréhension de lecture

Le grelot du vieux moulin

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Le texte
Illustration du texte « Le grelot du vieux moulin »

Un vendredi d’octobre, Maëlle rentrait de la bibliothèque avec son frère Émile. Les érables avaient perdu presque toutes leurs feuilles, et le chemin du vieux moulin était couvert de rouge et d’or. Leur grand-mère leur avait demandé de rapporter un panier oublié dans la remise derrière le moulin. « Nous serons vite revenus », dit Maëlle. Émile hocha la tête, mais il gardait les yeux sur les fenêtres noires du bâtiment. Le soleil descendait derrière les collines, tandis qu’un vent froid faisait tournoyer les feuilles autour de leurs bottes. Ils connaissaient le sentier, mais pas l’intérieur du moulin.

À l’entrée du chemin, ils découvrirent que la barrière, d’habitude fermée, balançait toute seule. Maëlle poussa le portail; ses gonds crièrent dans le silence. Tout près, un petit tintement résonna, comme une cuillère frappant un verre. « C’est sûrement le vent », murmura-t-elle, sans en être certaine. La remise était adossée au moulin, dont les grandes ailes ne tournaient plus depuis longtemps. Une porte de côté entrouverte laissait passer une mince ligne de lumière, bien qu’aucune lampe ne soit visible à l’intérieur.

Maëlle sortit la petite lampe de poche qu’elle gardait dans son sac. À l’intérieur, l’air sentait la poussière et les pommes oubliées. Le panier se trouvait sur un banc, exactement comme leur grand-mère l’avait décrit. Émile le prit, mais un bruit de pas retentit au-dessus d’eux, dans le moulin. Ils s’immobilisèrent. Maëlle éclaira l’escalier; personne ne descendait. Puis un souffle sembla prononcer son prénom. Émile serra le panier contre lui et demanda tout bas s’ils pouvaient partir.

Ils sortirent sans courir et s’arrêtèrent près du portail. Sur la terre mouillée, des traces de pas menaient de la remise jusqu’au mur du moulin, puis s’interrompaient brusquement. Maëlle se pencha pour les examiner. Au même moment, une voix douce appela : « Maëlle… Émile… » Elle ressemblait à celle de leur grand-mère. Les enfants regardèrent le chemin, mais il était vide. La voix venait plutôt de la fenêtre du moulin. Pourtant, Maëlle savait que leur grand-mère était restée à la maison pour préparer le souper.

Une nouvelle rafale fit claquer un volet. Sur le mur, une silhouette immense leva lentement un bras. Émile étouffa un cri et recula. Maëlle dirigea la lampe vers la fenêtre : un vieux manteau pendait à un crochet, et le volet le faisait bouger. La silhouette disparut. « Voilà pour l’ombre », dit-elle, soulagée. Mais, dans le panier, une petite clochette tinta sans que personne la touche. Les deux enfants se regardèrent. Cette fois, le vent était tombé et les feuilles ne bougeaient plus.

Ils coururent jusqu’à la maison, le panier serré entre eux. Leur grand-mère les accueillit, puis s’arrêta en voyant la clochette. Elle expliqua qu’un grelot semblable avait autrefois été accroché à la porte du moulin. Le meunier l’avait emporté le soir de sa mystérieuse disparition, des années plus tôt. Maëlle voulut demander comment il avait pu revenir dans le panier, mais un tintement l’interrompit. La clochette était posée sur la table, immobile. Dehors, derrière la fenêtre, une feuille sèche glissa lentement contre la vitre.

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FrançaisCréé par Marie-Annie avec Coprof.ca · 13 octobre 2026 · v0.2 · 4fa2845