Compréhension de lecture

La lumière sous les feuilles (palier 4-5e)

  • Français
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Français — 5e année · Compréhension de lecture

La lumière sous les feuilles (palier 4-5e)

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Le texte
Illustration du texte « La lumière sous les feuilles »

Le dernier vendredi d’octobre, Maëlle rentrait de l’école par le sentier derrière la vieille gare. Les érables perdaient leurs feuilles, et le vent les poussait en petits tourbillons contre ses bottes. Près du pont de bois, elle aperçut une lueur jaune entre les racines d’un grand érable. Elle s’arrêta. La veille, au même endroit, elle avait entendu trois coups sourds, pourtant personne ne se trouvait sur le sentier. Cette fois, la lueur vacilla, puis disparut sous les feuilles.

Curieuse, Maëlle revint près du pont avant le souper. Elle écarta les feuilles et découvrit une petite clé de laiton, nouée à un fil rouge. Dans la boue, des empreintes étroites menaient jusqu’à l’ancienne gare, fermée depuis des années. La clé tourna pourtant dans la serrure de la porte latérale. À l’intérieur, tout semblait couvert de poussière, sauf un cercle propre sur la table et une feuille d’érable posée au centre.

Sur la feuille, une phrase était tracée à l’encre brune : « À celui qui entendra trois coups, laisse une feuille près du pont. » Maëlle entendit alors trois coups derrière le mur, espacés comme des pas. Elle posa sur la table une feuille dorée ramassée dehors. Un souffle froid traversa la pièce, et la lumière jaune reparut dans la fenêtre, bien qu’aucune lampe ne fût allumée. Puis le silence revint. Elle emporta seulement la clé et le fil rouge.

Le lendemain, Maëlle raconta sa découverte à M. Gagnon, l’ancien gardien de la gare. Il reconnut la clé : elle ouvrait autrefois la salle d’attente. Selon lui, le chef de gare y allumait une lanterne les soirs de brouillard pour guider les voyageurs. Pourtant, la lanterne avait été remise au musée du village, et la gare était vide. M. Gagnon observa le fil rouge, puis déclara doucement : « Certaines histoires se terminent mieux quand on leur laisse un peu de silence. »

Le vendredi suivant, Maëlle retourna au pont avec M. Gagnon. Ils déposèrent une feuille près des racines, sans parler. Le vent se leva; une feuille rouge glissa jusqu’à la porte de la gare, qui demeurait verrouillée. À la fenêtre, la lueur jaune s’alluma une seconde, puis s’éteignit. M. Gagnon ne bougea pas. Maëlle, elle, serra la petite clé dans sa poche. En rentrant, elle remarqua qu’un nouveau fil rouge entourait son poignet.

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