Une canette, un choix
À la récréation, Léa remarque son camarade Alex près du mur de briques. Il tient une grande canette colorée et la cache aussitôt dans son sac. Alex, un garçon mince aux cheveux bouclés, paraît nerveux. Léa, qui porte un manteau jaune et observe beaucoup, lui demande ce qu’il apporte. Il répond qu’il s’agit d’une boisson énergisante achetée par un cousin plus âgé. La jeune fille n’accuse pas son ami. Elle se souvient plutôt d’une affiche vue à l’école sur la caféine et décide de l’écouter avant de parler calmement, sans le brusquer.
Alex explique qu’il veut rester éveillé pour finir un travail et qu’il pense qu’une seule gorgée ne peut pas lui faire de mal. Il raconte aussi que certains élèves plus vieux boivent ces produits pour avoir l’air courageux. Léa comprend alors qu’Alex cherche surtout à être accepté. Elle lui montre l’étiquette, où les mots caféine et sucre apparaissent en grosses lettres. La canette promet de donner de l’énergie, mais la promesse ne prouve pas que le produit est sans danger. Alex lit en silence. Son sourire disparaît lorsqu’il voit l’avertissement destiné aux jeunes.
Dans la classe, Mme Gagnon accueille les deux enfants et leur demande de vérifier l’information. Elle explique qu’au Québec, la vente de boissons énergisantes contenant de la caféine est interdite aux moins de quatorze ans. Cette règle vise à les protéger, car leur corps réagit plus fortement à une grande quantité de caféine. La titulaire ajoute que ces boissons peuvent provoquer des battements rapides du cœur, de la nervosité, des maux de tête et des difficultés à dormir. Elle précise qu’un jeune ne devrait pas en consommer pour remplacer l’eau, le sommeil ou une collation.
Alex baisse les yeux, car il ne savait pas que la caféine pouvait produire ces effets. Mme Gagnon lui demande ce qu’il ressent après avoir bu quelques gorgées. Il décrit un cœur qui bat vite et des mains un peu tremblantes. La maîtresse lui conseille d’arrêter, de boire de l’eau et d’aviser un adulte s’il se sent mal. Léa reste près de lui; sa présence rassure son camarade. Ensemble, ils lisent aussi la liste des ingrédients. Ils découvrent que le sucre peut être très abondant, même quand la boisson affiche des couleurs brillantes et un message séduisant.
Pour le projet de santé, la classe prépare une affiche claire. Léa écrit que l’énergie ressentie pendant un court moment ne vaut pas les effets indésirables possibles. Alex dessine une bouteille d’eau, un lit et une pomme afin de rappeler de meilleures façons de prendre soin de soi. Il ajoute une phrase importante : « Si je me sens fatigué, j’en parle à un adulte au lieu de chercher une solution rapide. » Ce choix montre qu’il devient plus prudent. Les élèves placent l’affiche près de la porte, là où les autres peuvent la lire avant la récréation.
Le lendemain, Alex apporte sa propre bouteille réutilisable. Il explique à son cousin que la règle québécoise n’est pas une punition, mais une protection pour les jeunes. Son cousin écoute, puis reconnaît qu’il ne connaissait pas tous les dangers. À la fin de la journée, Alex se sent fier d’avoir parlé franchement. Léa, elle, comprend qu’informer quelqu’un peut être plus utile que le juger. La classe conserve son affiche et promet de consulter un adulte devant une question. Ainsi, une canette presque cachée devient le point de départ d’un choix réfléchi et d’un message partagé.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Quel est le sujet central du récit?
Nomme deux actions que Léa accomplit pour aider Alex.
Dans la phrase « Elle lui montre l’étiquette », à qui renvoie le pronom « lui »?
Pourquoi Alex cache-t-il la canette au début du récit?
Que peut-on déduire de la réaction de Léa?
Pourquoi la classe place-t-elle l’affiche près de la porte?
La règle qui interdit la vente de ces boissons aux moins de quatorze ans te semble-t-elle utile? Choisis la meilleure justification.
Quel conseil donnerais-tu à Alex ou à son cousin après cette histoire? Appuie-toi sur une information du texte.