La surprise du soir d’Halloween
Le 31 octobre, Malik et sa sœur Nora revenaient de l’école avec leurs costumes dans un sac. Leur grand-mère les attendait dans la vieille maison au bout de la rue. Elle avait promis une soirée d’Halloween tranquille, avec des biscuits et une histoire drôle. Pourtant, en arrivant, les enfants remarquèrent que toutes les fenêtres étaient noires. Le vent faisait grincer la barrière, et une citrouille éclairée brillait seule sur le perron. Malik sourit, mais Nora serra son sac contre elle. La maison semblait différente dans le brouillard épais du quartier.
Grand-mère n’ouvrit pas quand ils appelèrent son nom. Malik frappa trois fois. Personne ne répondit. Il poussa doucement la porte, qui s’ouvrit avec un long cri. Dans l’entrée, leurs bottes faisaient des traces humides sur le plancher. Une petite lumière vacillait au fond du corridor. Nora remarqua aussi une ombre qui glissait derrière le rideau du salon. « Grand-mère? » appela-t-elle. Un bruit sourd résonna à l’étage, puis quelque chose roula dans l’escalier et s’arrêta près de leurs pieds. C’était une pomme rouge, couverte de poussière. Les deux enfants se regardèrent sans parler.
Malik voulut rire, mais sa voix resta coincée dans sa gorge. Il ramassa la pomme et observa l’escalier. Au-dessus, une porte venait de se refermer. Nora proposa de sortir chercher un voisin; pourtant, elle n’avança pas vers la porte. De la cuisine arriva alors une odeur de cannelle, suivie d’un léger tintement. « La cuisine est en bas », murmura Malik. Ils avancèrent lentement, en se tenant par la manche. À chaque pas, le plancher craquait sous leurs pieds. La lumière du corridor s’éteignit derrière eux et le silence leur parut immense.
Dans la cuisine, la fenêtre battait contre son cadre. Le vent avait poussé un tablier accroché à une chaise; son ombre dansait sur le mur comme une silhouette bossue. Sur la table, les biscuits étaient encore tièdes, mais personne n’était là. Nora aperçut un papier plié près du plat. Elle le déplia et lut : « Cherchez la personne qui a préparé la surprise. » À cet instant, trois coups retentirent contre la porte arrière. Malik recula. Nora, elle, prit une grande respiration et alluma la lampe.
La porte arrière s’ouvrit brusquement. Une forme blanche se tenait dans le jardin, immobile sous la pluie. Malik voulut appeler à l’aide, mais la forme leva les bras. Nora éclaira le visage avec la lampe : c’était leur grand-mère, enveloppée dans un vieux drap, qui riait doucement. Elle était rentrée par le jardin après avoir caché les indices. Le tablier avait bougé à cause du vent, et la pomme venait du panier de l’escalier. Grand-mère expliqua qu’elle voulait leur offrir une chasse au trésor effrayante, mais sans les inquiéter trop longtemps.
Les enfants éclatèrent de rire, même si leurs genoux tremblaient encore un peu. Grand-mère leur donna une carte : le trésor se trouvait sous la citrouille du perron. Ils sortirent ensemble et soulevèrent le panier posé près de la lumière. À l’intérieur, ils découvrirent des biscuits en forme de fantômes et trois petits sacs de bonbons. Nora admit que l’ombre du tablier l’avait vraiment effrayée. Malik répondit qu’il avait surtout eu peur de ne pas retrouver Grand-mère. Ensuite, tous rentrèrent raconter l’aventure à la lumière des chandelles.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Quelle soirée Grand-mère avait-elle promis aux enfants?
Qu’est-ce qui a roulé dans l’escalier jusqu’aux pieds des enfants?
Où se trouvait le trésor indiqué sur la carte?
Pourquoi Nora n’avance-t-elle pas vers la porte lorsqu’elle propose d’aller chercher un voisin?
Pourquoi Grand-mère a-t-elle voulu que la chasse au trésor soit effrayante, sans inquiéter les enfants trop longtemps?
Comment te serais-tu senti dans la maison? Explique ta réponse avec un détail du récit.
Quel détail trouves-tu le plus réussi pour créer du suspense? Explique pourquoi.