Compréhension de lecture

Les trois coups de la vieille gare

  • Français
  • 5e année
  • 1 section
  • Nouveau programme de français 2026

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Français — 5e année · Compréhension de lecture

Les trois coups de la vieille gare

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Le texte
Illustration du texte « Les trois coups de la vieille gare »

Le 31 octobre, soir d’Halloween, je gardais le kiosque de chocolat chaud installé dans l’ancienne gare de Saint-Raymond, près de la rivière Sainte-Anne. Mon père aidait au défilé du village, et ma cousine Élise devait me rejoindre après sa tournée de friandises. À huit heures, la bruine faisait luire les feuilles d’érable sur le quai désert. J’avais fermé la porte quand trois coups résonnèrent derrière le mur de bois. La vieille salle d’attente était fermée depuis des années, mais une mince ligne de lumière glissait sous sa porte. Je me suis dit que le vent avait déplacé une lanterne, sans y croire.

Avant de partir, Mme Gagnon, la concierge, m’avait laissé un billet plié dans le tiroir. Le gardien, Malik, et ma cousine Élise étaient alors près de l’entrée; une lanterne, deux clés et mon sac de bonbons occupaient le banc. Le billet disait : « Si tu entends trois coups, attends avant d’ouvrir la porte du fond. » Elle m’avait demandé de ne pas appeler les adultes avant d’avoir vérifié le vieux cadran. Je relus le message, puis j’entendis des pas mouillés sur le quai. Pourtant, personne ne semblait être entré par la porte principale.

Élise arriva quelques minutes plus tard, son chapeau de sorcière dégoulinant de pluie. Malik l’avait accompagnée après le défilé et portait encore son manteau de laine. Je leur montrai le billet. Élise voulut appeler mon père, mais je lui rappelai les instructions de Mme Gagnon. Ensemble, nous examinâmes le grand cadran accroché au mur du hall. Ses aiguilles étaient arrêtées à huit heures, bien que l’horloge du kiosque indiquât huit heures quinze. Derrière son cadre, Malik découvrit une petite encoche en forme de feuille d’érable. Il y posa l’une des clés trouvées sur le banc; un déclic répondit.

Le cadre s’ouvrit sur un compartiment étroit. À l’intérieur, nous trouvâmes une carte dessinée à la main, avec un trait rouge qui traversait la gare jusqu’à l’ancienne salle d’attente. Élise s’avança, mais je remarquai des gouttes d’eau sur le plancher : elles menaient vers la porte du fond, puis s’arrêtaient brusquement. Malik ramassa la lanterne et la fit passer devant nous. La lumière révéla une poignée, presque cachée sous une couche de peinture. Je tournai la deuxième clé. La porte céda sans bruit, découvrant un corridor que je n’avais jamais vu, même en aidant mon père à installer le kiosque.

Le silence s’épaississait dans le corridor. Nous avançâmes lentement, guidés par la lanterne, tandis qu’une odeur de bois humide et de cannelle flottait dans l’air. Au bout, une fenêtre givrée donnait sur la voie ferrée. Une ombre passa derrière la vitre, puis trois coups retentirent à nouveau, cette fois de l’autre côté du corridor. Élise serra mon bras. Je distinguai une petite lumière qui bougeait près du sol. Malik s’approcha de la fenêtre et aperçut, sous le rebord, un fil presque invisible. Il tira doucement; une clochette tinta dans une pièce voisine.

La troisième clé ouvrit cette pièce. Nous y découvrîmes un établi, des citrouilles évidées et des lanternes de papier orange, toutes marquées d’un prénom. Sur une table reposait une photographie ancienne de la gare, entourée de plusieurs personnes en costumes d’Halloween. Au verso, quelqu’un avait écrit : « Pour celles et ceux qui rentrent tard. » Un froissement nous fit sursauter. Un homme sortit de derrière une armoire, son vieux manteau de chef de gare sur les épaules. Je reconnus M. Lavoie, qui avait travaillé longtemps à la station. Il leva les mains pour nous rassurer et sourit en voyant notre étonnement.

M. Lavoie nous expliqua qu’il préparait une surprise pour la fête du village. Les coups venaient d’un petit mécanisme relié à la clochette; les pas mouillés étaient les siens, et il avait installé les lanternes pour le défilé. Chaque année, les bénévoles plaçaient dans la gare des lumières portant les prénoms de personnes qui aidaient la communauté. Cette fois, il voulait que les jeunes les découvrent eux-mêmes. Mme Gagnon avait gardé le secret pour lui, mais elle ne savait pas que nous entendrions les coups plus tôt que prévu. Le manteau, la pièce cachée et la vieille photographie rendaient son projet plus mystérieux qu’il ne l’avait imaginé.

Nous avons transporté les lanternes jusqu’au kiosque pendant que M. Lavoie réparait le mécanisme. Dehors, le défilé s’achevait et les familles revenaient vers la gare, leurs costumes brillants sous la pluie. Élise posa une lumière près de la porte pour Mme Gagnon; Malik en choisit une pour son père, qui avait balisé le sentier du village. J’en gardai une pour mon père. Quand il arriva, il ne comprit pas pourquoi nous souriions tous en silence. Je lui racontai notre découverte, mais je ne lui montrai pas la carte. Je voulais qu’il entende, lui aussi, les trois coups de la vieille gare.

Lis le texte, puis réponds aux questions.

FrançaisCréé par Isabelle avec Coprof.ca · 21 octobre 2026 · v0.2 · f68917c