La clochette de la maison abandonnée
Le dernier samedi d’octobre, Élodie rentre chez sa grand-mère après l’école. Le ciel est bas, et les érables répandent leurs feuilles rouges sur le trottoir. Dans le quartier, des citrouilles sourient sur les marches et des toiles d’araignée décorent les fenêtres. Élodie porte un sac rempli de bonbons pour la collecte de l’Halloween. En passant devant la vieille maison abandonnée au bout de la rue, elle remarque qu’une fenêtre du deuxième étage est éclairée. La maison est pourtant vide depuis plusieurs années, à ce qu’on raconte dans le quartier.
Sa grand-mère l’attend avec une tasse de chocolat chaud. Quand Élodie parle de la fenêtre, la vieille dame baisse la voix. Elle raconte qu’autrefois un horloger habite cette maison avec sa fille Clara. La veille d’un Halloween, Clara disparaît pendant une tempête et personne ne la retrouve. Depuis ce soir-là, les voisins entendent parfois une clochette au deuxième étage. « Ce n’est probablement qu’une branche contre la vitre », ajoute grand-mère, mais son regard reste fixé sur la rue. Élodie comprend que cette histoire n’est pas une simple légende.
À la tombée du jour, Élodie se prépare à rejoindre ses amis pour faire la tournée des maisons. Elle choisit un costume de détective et glisse une petite lampe dans sa poche. Au moment d’enfiler son manteau, elle aperçoit une enveloppe coincée sous la clôture de la maison abandonnée. Son nom est écrit dessus à l’encre violette. Le message contient seulement quelques mots : « La clochette cherche son chemin. Viens avant minuit. » Élodie croit d’abord à une farce de ses amis, mais personne ne connaît son adresse.
Elle montre l’enveloppe à sa grand-mère, qui lui conseille de rester loin de la maison. Élodie promet d’attendre ses amis, puis sort malgré tout par la porte arrière. L’air sent la terre mouillée et les feuilles craquent sous ses bottes. Elle avance jusqu’à la grille rouillée. Une rafale soulève les feuilles autour de ses pieds et fait claquer la fenêtre éclairée. Élodie sursaute, mais elle distingue alors une silhouette derrière le rideau. La forme lève un bras et désigne l’entrée. Élodie recule d’un pas, puis serre sa lampe.
Avant qu’elle puisse appeler quelqu’un, la porte de la maison s’entrouvre dans un long grincement. Une odeur de cire froide sort du vestibule. Sur le plancher, des traces de boue forment une ligne qui monte vers l’escalier. Élodie pense à la silhouette et comprend qu’elle ne doit pas entrer seule. Elle recule encore, quand la clochette retentit au deuxième étage. Le son est faible, mais il revient trois fois, comme un appel. Élodie sort son téléphone, mais l’écran demeure noir malgré la batterie pleine. Elle entend alors une respiration derrière elle.
Élodie se retourne brusquement, prête à crier. Ce n’est pas un fantôme, mais Malik, son ami de classe, qui tient une citrouille en carton sous son bras. Il est venu la chercher avec Zoé, qui arrive juste derrière lui. Ils ont suivi Élodie depuis la rue, inquiets de la voir disparaître dans l’obscurité. Tous trois observent la porte entrouverte. Zoé remarque une petite fente dans le mur extérieur et y trouve une clé couverte de poussière. Malik propose d’appeler un adulte, mais Élodie reconnaît sur la clé le même symbole que sur l’enveloppe.
Ils n’entrent pas dans la maison. À l’aide de la lampe d’Élodie, ils examinent plutôt la clé et la fenêtre du deuxième étage. Derrière le rideau, la silhouette n’est plus là. Malik remarque que la lumière vient d’une petite pièce vitrée située au-dessus de l’entrée. Zoé appelle le numéro inscrit sur une plaque près de la grille. Après quelques sonneries, une voix répond : c’est le nouveau propriétaire, qui habite temporairement chez sa sœur. Il explique qu’il restaure la maison et qu’il a laissé une lampe allumée par erreur.
Le propriétaire leur demande de déposer la clé dans la boîte aux lettres et promet de venir le lendemain. Avant de partir, Élodie regarde une dernière fois la fenêtre. La clochette ne sonne plus, mais une photographie apparaît derrière la vitre : on y voit Clara, la fille de l’horloger, souriante devant la maison. Au dos, une date et une phrase sont écrites : « Merci d’avoir écouté. » Élodie ignore si le message vient du propriétaire ou d’une autre présence, mais elle cesse d’avoir peur. Elle rentre avec ses amis pour raconter l’aventure à sa grand-mère.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
À quel endroit Élodie remarque-t-elle une lumière dans la vieille maison?
Que contient le message trouvé dans l’enveloppe violette?
Pourquoi Malik et Zoé se rendent-ils près de la maison abandonnée?
Pourquoi Élodie décide-t-elle de ne pas entrer seule dans la maison?
Que laisse entendre la photographie de Clara et le message final? Appuie-toi sur deux indices du texte.
Quel sentiment le récit provoque-t-il chez toi? Qu’aurais-tu fait à la place d’Élodie? Explique ta réponse.
Le dénouement te semble-t-il réussi? Justifie ton jugement en faisant référence à un élément précis du texte.