Compréhension de lecture

Les traces dans la neige

  • Français
  • 5e année
  • 1 section
  • Nouveau programme de français 2026

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Français — 5e année · Compréhension de lecture

Les traces dans la neige

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Illustration du texte « Les traces dans la neige »

Quand l’autobus jaune quitta la cour de l’école, Maëlle posa son front contre la vitre froide. La classe de cinquième année partait pour trois jours au centre de plein air des Pins, près de Saint-Donat. Depuis des semaines, elle imaginait les raquettes, les jeux dans la neige et les soirées avec ses amis. Pourtant, son sac reposait sur ses genoux comme une pierre. Elle avait glissé dedans le carnet de son grand-père, mort au printemps précédent. Il lui avait appris à reconnaître les traces d’animaux pendant leurs promenades. Maëlle voulait apporter ce souvenir, mais craignait de l’abîmer dans la neige. Son ami Sami remarqua son silence et lui demanda si elle avait mal au cœur. Elle répondit que non, puis regarda les sapins défiler.

À l’arrivée, Mme Gagnon répartit les élèves dans les chambres et expliqua le programme. Après le dîner, chaque équipe suivrait un parcours de raquette jusqu’au refuge du lac. Il faudrait observer les traces, noter ses découvertes et revenir avant la tombée du jour. « Le sentier est balisé, mais vous devrez rester groupés », rappela-t-elle. Maëlle forma une équipe avec Sami et deux autres élèves, Inès et Félix. Quand ils chaussèrent leurs raquettes, le ciel était couvert et de petits flocons tourbillonnaient. Sami proposa de garder le carnet dans son sac, à l’abri. Maëlle hésita, puis accepta. Elle se sentit soulagée, même si elle vérifia deux fois la fermeture éclair. Mme Gagnon leur remit une carte plastifiée et leur montra le ruban orange qui marquait chaque embranchement.

Au début, le groupe avançait sans difficulté. Félix ouvrait la marche, tandis qu’Inès consultait la carte. Près d’un bouleau, ils aperçurent une série d’empreintes fines qui traversaient le sentier. Maëlle reconnut la forme allongée des traces de lièvre dans le carnet de son grand-père. Elle expliqua que l’animal avait probablement bondi, car ses grandes pattes arrière avaient laissé des marques côte à côte devant les plus petites. Inès nota l’observation. Plus loin, cependant, les flocons devinrent plus denses. Le ruban orange suivant était caché derrière une branche chargée de neige. Félix continua tout droit sans le voir. Après quelques minutes, Maëlle ne reconnut plus le paysage. Elle sentit une inquiétude monter, mais n’osa pas encore parler.

Sami s’arrêta pour regarder la carte. Le sentier qu’ils suivaient ne rejoignait pas le refuge; il menait vers une clairière. Félix affirma qu’ils n’avaient sûrement que quelques mètres à faire, mais Inès remarqua que les empreintes de leurs raquettes tournaient en rond. Maëlle sortit le carnet pour comparer le dessin du parcours avec la carte. Ses doigts tremblaient un peu, et une rafale lui arracha presque les pages. Elle referma vite le carnet. « On ne devrait pas continuer au hasard », dit-elle. Elle proposa de revenir jusqu’au dernier ruban orange, en suivant leurs propres traces. Sami approuva. Félix baissa les yeux, puis admit qu’il avait voulu aller vite pour arriver le premier au refuge.

Ils marchèrent lentement en gardant une distance courte entre eux. Les traces de raquettes disparaissaient parfois sous la neige fraîche, mais Inès repérait les petites branches qu’ils avaient déplacées. Ils retrouvèrent enfin le ruban orange, puis le sentier principal. À cet endroit, Mme Gagnon les attendait avec un autre groupe. Elle avait remarqué leur retard et était venue vérifier le parcours. Personne ne fut grondé; l’enseignante leur demanda plutôt ce qu’ils avaient appris. Maëlle expliqua comment ils avaient utilisé la carte et leurs traces pour revenir. Félix ajouta qu’il aurait dû écouter le groupe avant de poursuivre. Mme Gagnon les félicita d’avoir cessé d’avancer sans repère. Le refuge était tout près, mais la lumière du jour baissait déjà. Ils y arrivèrent ensemble, essoufflés et un peu fiers.

Dans le refuge, les élèves déposèrent leurs mitaines près du poêle. Maëlle ouvrit le carnet avec précaution et montra le dessin des empreintes de lièvre. Sami lui demanda si elle avait eu peur de le perdre. Elle répondit que oui, mais qu’elle avait surtout craint de ne pas savoir quoi faire quand le chemin avait disparu. En parlant, elle comprit que son grand-père ne lui avait pas seulement laissé des dessins d’animaux : il lui avait transmis une façon d’observer avant de décider. Elle écrivit cette idée dans la marge, à côté de la piste du lièvre. Dehors, la neige continuait de tomber, mais le groupe préparait déjà le retour. Cette fois, Félix marcha au milieu et vérifia les rubans avec Inès.

Le soir, dans la salle commune, chaque équipe raconta une découverte de la journée. Maëlle montra son carnet et décrivit les empreintes sans prétendre savoir exactement où le lièvre était allé. Elle expliqua aussi leur détour et la manière dont ils avaient retrouvé le sentier. Plusieurs élèves posèrent des questions; Félix reconnut que son empressement avait compliqué la marche. Mme Gagnon rappela qu’une sortie en forêt demande de la curiosité, mais aussi de la prudence et de l’entraide. Plus tard, Maëlle glissa le carnet sous son oreiller, à l’abri. Elle se sentait encore triste en pensant à son grand-père, pourtant cette journée avait rendu son souvenir plus proche. Le lendemain, elle aurait d’autres traces à observer, cette fois en prenant le temps d’écouter ses compagnons.

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FrançaisCréé par Karine avec Coprof.ca · 13 octobre 2026 · v0.2 · 4fa2845