Compréhension de lecture

Le carnet du jardin

  • Français
  • 4e année
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Français — 4e année · Compréhension de lecture

Le carnet du jardin

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Illustration du texte « Le carnet du jardin »

Le lundi matin, Malik arriva à l’école avec une petite boîte de métal sous le bras. Dans la cour, les élèves parlaient du jardin derrière le vieux gymnase. Depuis les vacances, ses plates-bandes étaient couvertes de mauvaises herbes, et la clôture penchait. La directrice avait annoncé qu’elle voulait fermer le jardin, car personne ne semblait s’en occuper. Malik aimait cet endroit tranquille, où sa grand-mère lui avait appris à planter des graines. Il ne voulait pas le voir disparaître. Dans sa boîte, il avait apporté un vieux carnet couvert de terre. Sa grand-mère y avait noté les soins à donner aux légumes. Il se souvenait de ses mains patientes qui tassaient la terre.

À la bibliothèque, Malik ouvrit le carnet pendant le dîner. Une page indiquait que les tomates avaient besoin de soleil et que les haricots grimpaient mieux près du grillage. Une autre portait une liste de tâches, avec des cases vides pour chaque semaine. Dans la marge, sa grand-mère avait écrit : « Un jardin pousse mieux quand chacun y met un peu de soin. » Malik relut la phrase. Il comprit qu’il ne pourrait pas tout faire seul. Il montra le carnet à Sofia, qui dessinait souvent des plantes dans son cahier. Elle observa les pages et proposa d’en parler aux autres élèves. Elle savait aussi expliquer les consignes avec des dessins.

Le lendemain, Malik et Sofia présentèrent leur idée à la classe. Ils ne demandèrent pas de sauver tout le jardin d’un coup. Ils proposèrent plutôt de nettoyer une plate-bande et de suivre un horaire pendant trois semaines. La directrice écouta sans promettre quoi que ce soit. Elle leur expliqua qu’elle devait voir si le groupe pouvait entretenir l’endroit régulièrement. Plusieurs élèves hésitèrent : après l’école, ils avaient des activités, et certains ne connaissaient rien aux plantes. Malik ouvrit le carnet et montra les tâches simples. Il proposa que chacun choisisse un moment ou une responsabilité. Peu à peu, des mains se levèrent. La directrice leur demanda de revenir avec un plan clair.

Le jeudi, une petite équipe commença par retirer les feuilles mortes et les mauvaises herbes. Sofia étiqueta les outils, pendant que Malik vérifiait les noms des plantes dans le carnet. Félix, qui préférait bricoler, redressa la clôture avec l’aide du concierge, M. Gagnon. Au fond du jardin, ils découvrirent un grand baril de récupération d’eau. Ils se réjouirent, car ils pourraient arroser sans transporter des seaux depuis l’école. Mais lorsqu’ils soulevèrent le couvercle, le baril était fendu près du robinet. L’eau de pluie s’en échappait. Le groupe se tut. La prochaine journée sans pluie approchait, et les jeunes pousses avaient déjà soif.

Malik eut envie de proposer qu’ils abandonnent le projet pour cette semaine. Puis il remarqua une note dans le carnet, collée à une page sur l’arrosage : « Demander à M. Gagnon de vérifier le robinet. » Il lui montra la phrase. Le concierge examina le baril et expliqua qu’il pouvait remplacer le robinet, mais que la fissure ne se réparerait pas facilement. Sofia suggéra de transporter de l’eau du robinet de l’école dans des bacs propres, le temps de trouver une autre solution. La classe emprunta deux grands bacs à la cafétéria. Les élèves les remplirent, puis arrosèrent les pousses avec l’eau disponible.

Le soir, Malik raconta les difficultés à sa grand-mère au téléphone. Elle habitait maintenant dans un autre quartier et ne pouvait pas venir au jardin, mais elle lui rappela qu’un plan peut changer quand une situation change. Elle lui demanda aussi s’il avait regardé sous la dernière couverture du carnet. Malik l’ouvrit et trouva un dessin du jardin, avec des flèches indiquant où l’eau coulait du toit. Le croquis montrait que la gouttière près du gymnase se déversait juste au-dessus du baril. Il comprit pourquoi sa grand-mère avait noté de vérifier cet endroit. Le lendemain, il apporta le dessin à Sofia et à M. Gagnon.

M. Gagnon confirma que la gouttière était encore bien fixée. Il plaça les bacs sous son extrémité et installa un petit filtre pour retenir les feuilles. Les élèves ajoutèrent ensuite une nouvelle tâche à leur horaire : vérifier que les bacs restaient propres et arroser les plantes avec l’eau recueillie. Malik distribua les responsabilités sans choisir à la place de ses camarades. Félix surveillait la clôture, Sofia tenait le calendrier, et d’autres élèves désherbaient ou arrosaient. Le travail avançait moins vite qu’avec un adulte seul, mais chacun savait quoi faire. Les plus jeunes pouvaient aussi remplir les cases du calendrier. En fin de journée, le jardin semblait déjà plus accueillant.

Trois semaines plus tard, la directrice vint observer le jardin. Des haricots s’accrochaient au grillage et de petites tomates vertes apparaissaient sous les feuilles. Les élèves lui montrèrent le calendrier, où chaque tâche était cochée. Ils lui expliquèrent aussi comment ils recueillaient l’eau et ce qu’ils faisaient quand un bac était vide. La directrice remarqua qu’ils avaient entretenu le lieu même pendant une semaine très chargée. Elle annonça que le jardin resterait ouvert l’année suivante. Malik sourit, mais il ne prit pas tout le mérite. Il dit que le carnet de sa grand-mère avait aidé le groupe à commencer, puis que les idées de chacun avaient fait le reste. Elle leur posa des questions sur leur organisation.

À la fin du printemps, la classe invita les familles à visiter le jardin. La grand-mère de Malik vint en autobus, avec son vieux chapeau de paille. Elle reconnut le carnet posé sur une table et le feuilleta avec émotion. Les élèves lui racontèrent le baril fendu et les bacs placés sous la gouttière. Elle écouta attentivement, puis félicita le groupe d’avoir cherché une autre façon de faire. Avant de partir, elle écrivit une nouvelle phrase dans le carnet : « Les bonnes idées continuent de pousser quand on les partage. » Malik ajouta la date et glissa le carnet dans la boîte de métal. Maintenant, il savait que ce trésor ne servait pas seulement à se souvenir, mais aussi à préparer la suite. Les familles s’arrêtèrent pour regarder les premières tomates.

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FrançaisCréé par Cindy avec Coprof.ca · 8 octobre 2026 · v0.2 · a208077