Le Petit Chaperon Rouge et le sentier des ronces
Un matin de fin d’automne, le Petit Chaperon Rouge reçut une mission de sa mère. Sa grand-mère, qui habitait au-delà de la forêt, était souffrante et attendait un panier rempli de pain, de pommes et d’un pot de gelée. La fillette promit d’apporter le panier en osier avant la tombée du jour. Elle espérait rendre visite à sa grand-mère. Sa mère lui recommanda de suivre le sentier, de ne pas s’attarder et de parler à personne. Le Petit Chaperon Rouge hocha la tête, puis partit d’un pas décidé. Elle portait sa cape rouge, mais le vent frais souleva bientôt son capuchon. Au bord du village, elle aperçut les premières feuilles mortes et entendit, très loin, un craquement qui ressemblait à un avertissement.
À l’entrée du bois, un loup gris surgit derrière un tronc couché. Il ne montra pas les dents; il prit plutôt une voix douce et demanda où la fillette se rendait. Elle répondit qu’elle allait chez sa grand-mère, sans préciser qu’elle devait se dépêcher. Le loup observa le panier et lui conseilla de cueillir quelques fleurs pour égayer la maison. Le Petit Chaperon Rouge trouva l’idée agréable. Elle quitta donc le sentier et avança entre les fougères. Pendant qu’elle choisissait des marguerites, le loup fila vers le chemin le plus court. Il connaissait une ouverture dans la clôture et espérait arriver le premier. La fillette, sans le savoir, s’éloigna encore de la direction indiquée par sa mère. Le soleil descendait déjà derrière les collines.
Plus elle marchait, plus la forêt lui parut différente. Les arbres se resserrèrent autour d’elle et la lumière pâlit sous les branches. En voulant rejoindre le sentier, elle s’égara près d’un ruisseau. Le Petit Chaperon Rouge s’arrêta, serra son panier contre elle et tenta de reconnaître les traces de ses pas. Elle chercha comment éviter de s’égarer. Elle entendit alors un bruit de branches cassées. Un grand cerf bondit hors des buissons, traversa l’eau et disparut derrière les sapins. La fillette sursauta, puis comprit que ce n’était pas le loup. Elle suivit les empreintes laissées dans la boue, car elles allaient vers une clairière. Là, elle aperçut une vieille borne de pierre portant une flèche presque effacée. Elle choisit la direction indiquée et retrouva enfin le chemin principal.
Pendant ce temps, le loup atteignit la maison de la grand-mère. Il frappa à la porte en imitant la voix de la fillette. La vieille dame ouvrit, mais elle découvrit aussitôt la ruse et recula vivement. Elle saisit un balai, claqua la porte et se réfugia dans le grenier. Furieux de ne pouvoir entrer, le loup tourna autour de la maison. Il aperçut alors une fenêtre entrouverte et grimpa sur un tas de bûches. Au même moment, un bûcheron qui travaillait plus loin entendit les aboiements du chien de la grand-mère. Il s’approcha avec sa hache, non pour attaquer, mais pour comprendre ce qui se passait. Le loup, surpris, s’enfuit dans les bois en promettant de revenir. Le ciel devenait orange au-dessus des pins.
Lorsque le Petit Chaperon Rouge arriva enfin, elle vit la porte entrouverte et le panier renversé dans l’herbe. Elle appela sa grand-mère, qui répondit du grenier. La fillette entra prudemment et remarqua des traces de pattes sur le plancher. Le bûcheron lui expliqua la ruse du loup et lui montra la fenêtre par laquelle l’animal avait tenté de passer. La grand-mère descendit l’escalier, encore tremblante, mais saine et sauve. Pour reprendre leurs forces, elles étalèrent du pain sur la table et ajoutèrent de la gelée dans de petites assiettes. Le Petit Chaperon Rouge raconta son détour et reconnut qu’elle aurait dû rester sur le sentier. Puis un hurlement monta de la forêt, et tous se turent. La lumière du soir entrait par les rideaux.
Le bûcheron proposa de fermer les volets pendant qu’il inspecterait les environs. Le Petit Chaperon Rouge voulut l’accompagner, car elle se sentait responsable de l’arrivée du loup. Ensemble, ils suivirent les empreintes jusqu’à un ravin. Soudain, l’animal surgit d’un fourré et tenta de bondir sur le bûcheron. Celui-ci leva sa lanterne; la flamme éclaira une passerelle étroite au-dessus du ravin. Le loup recula, mais son regard resta fixé sur le panier. La fillette eut alors une idée. Elle lança une miche de pain très loin, vers un amas de branches. Le loup courut la dévorer et s’y retrouva pris dans des ronces. Le bûcheron l’obligea à partir, puis ils regagnèrent la maison avant la nuit. La nuit approchait rapidement derrière les arbres.
Après cette aventure, le Petit Chaperon Rouge comprit que la prudence ne consistait pas à avoir peur de tout, mais à observer les signes et à respecter les conseils utiles. Elle remercia le bûcheron, serra sa grand-mère dans ses bras et lui promit de revenir par le chemin le plus sûr. Avant de repartir, elle rangea soigneusement le panier en osier, maintenant vide, puis regarda la forêt depuis le seuil. Les arbres semblaient moins menaçants, pourtant elle entendit encore le vent siffler entre les branches. Sa grand-mère lui donna une petite clochette à porter autour du cou. Ainsi, si elle s’égarait une autre fois, quelqu’un pourrait la retrouver. La fillette reprit la route avec confiance et prudence, sans oublier la leçon du bois.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Quelle mission la mère confia-t-elle au Petit Chaperon Rouge?
Pourquoi la fillette quitta-t-elle le sentier au début de son voyage?
Où la grand-mère se réfugia-t-elle lorsque le loup arriva à la maison?
Comment le Petit Chaperon Rouge et le bûcheron réussirent-ils à éloigner le loup?
Pourquoi le loup proposa-t-il de cueillir des fleurs alors qu’il semblait gentil?
Que révèle l’idée de lancer le pain vers les branches sur la façon d’agir du Petit Chaperon Rouge?
Quel moment de l’aventure t’a fait ressentir le plus de tension? Explique ta réaction en t’appuyant sur un événement du récit.
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