Les trois coups d’octobre (palier 4-5e)
Le premier samedi d’octobre, Maëlle arriva chez sa grand-mère, à la lisière du bois. Les érables avaient pris des teintes cuivrées, et des feuilles tourbillonnaient autour du vieux hangar. Sa grand-mère lui demanda d’aller chercher une boîte de pommes dans la remise, puis ajouta, d’une voix basse : « Si tu entends trois coups, ne réponds pas. » Maëlle sourit, croyant à une plaisanterie. Pourtant, en traversant la cour, elle remarqua une lanterne allumée derrière la fenêtre du hangar. La porte, qu’on gardait d’habitude verrouillée, était entrouverte.
À l’intérieur, l’air sentait la terre humide et le bois froid. Maëlle posa la boîte sur un banc. Trois coups résonnèrent alors, secs et espacés, contre le mur du fond. Elle se rappela l’avertissement et resta silencieuse. Un petit courant d’air fit vaciller la lanterne. Sous une pile de sacs, elle aperçut une enveloppe jaunie portant son prénom. L’écriture ressemblait à celle de son grand-père, mort avant sa naissance. Maëlle hésita, puis glissa un doigt sous le rabat. À cet instant, un bruit de pas crissa dans les feuilles, juste derrière la porte.
Dans l’enveloppe, il y avait une feuille pliée en quatre. « Quand l’automne cache le sentier, cherche la lumière qui ne bouge pas », disait la première ligne. Plus bas, un dessin montrait le grand érable près du puits, avec une petite croix à ses racines. Maëlle avait souvent entendu sa grand-mère raconter que son grand-père aimait inventer des énigmes. Elle se demanda s’il avait laissé un trésor, ou s’il voulait simplement lui faire découvrir un endroit oublié. Les pas s’arrêtèrent. Puis, de l’autre côté du mur, quelqu’un murmura son prénom.
Maëlle sortit sans prendre la boîte. Sa grand-mère se tenait dans la cuisine, occupée à préparer une tarte. Elle ne semblait pas avoir entendu les coups. Quand Maëlle lui montra la lettre, son visage changea. Elle essuya ses mains sur son tablier et observa longtemps le dessin. « Ton grand-père a caché quelque chose avant que nous emménagions ici », dit-elle enfin. Elle expliqua qu’elle avait trouvé l’enveloppe des années plus tôt, mais qu’elle n’avait jamais osé suivre les indications seule. Dehors, le vent poussait les feuilles vers le vieux puits.
Elles prirent une lampe de poche et marchèrent jusqu’à l’érable. Le sentier avait disparu sous les feuilles, mais une pierre plate brillait près du tronc. Sa surface était sèche malgré la pluie récente. Maëlle s’agenouilla et découvrit une petite clé coincée dessous. Au même moment, trois coups retentirent encore, cette fois du côté du puits. Sa grand-mère serra la lampe. Maëlle remarqua alors que la lumière projetée sur le sol ne tremblait pas : elle venait d’une fenêtre, derrière elles. Quelqu’un se trouvait-il dans la maison?
Elles retournèrent en courant. La porte de la cuisine était restée ouverte, mais personne n’était dans la pièce. Sur la table, la boîte de pommes avait été déposée, bien alignée au centre. La grand-mère affirmait ne pas l’avoir touchée. Maëlle posa la clé près de l’enveloppe. Un déclic sourd se fit entendre sous le plancher. Elles cherchèrent l’origine du bruit et trouvèrent une trappe dissimulée sous un tapis. La clé entra parfaitement dans sa serrure. Avant que Maëlle ne la tourne, sa grand-mère lui prit doucement le poignet. « Écoute d’abord », chuchota-t-elle. Trois coups montèrent du dessous.
Cette fois, Maëlle n’eut pas peur. Elle entendit plutôt un froissement, puis un faible miaulement. La trappe s’ouvrit sur un espace étroit où se cachait un chat roux, mouillé et couvert de feuilles. À son collier pendait une minuscule plaque portant le nom de son grand-père. La grand-mère reconnut le chat d’une vieille photographie, même si cela semblait impossible. Elles l’enveloppèrent dans une couverture. À la fenêtre, la lanterne du hangar s’éteignit brusquement. Maëlle regarda les arbres assombris : le mystère était peut-être résolu, mais qui avait allumé la lanterne?
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Où Maëlle découvre-t-elle l’enveloppe portant son prénom?
Quel conseil est écrit sur la feuille trouvée dans l’enveloppe?
Qu’avait fait la grand-mère après avoir trouvé l’enveloppe des années plus tôt?
Pourquoi Maëlle n’a-t-elle probablement plus peur quand elle entend les coups sous le plancher?
Que suggère la dernière phrase au sujet de la lanterne du hangar?
Quel moment du récit t’a le plus surpris ou intrigué? Explique ta réaction en faisant un lien avec un détail du texte.
Quel élément rend, selon toi, le récit mystérieux et intéressant? Justifie ton jugement avec un exemple.