La lumière du grenier
Le soir d’Halloween, Mina et son cousin Félix marchaient dans la rue des Érables, leurs sacs à friandises déjà bien remplis. La pluie avait cessé, mais les trottoirs luisaient sous les lampadaires. Au bout de la rue se dressait une vieille maison aux volets clos. Depuis des années, personne n’y habitait, disait-on. Pourtant, chaque Halloween, une lumière apparaissait derrière la fenêtre du grenier, juste avant minuit. Félix prétendait que c’était un tour du vent. Mina n’en était pas certaine. Cette année, elle avait décidé d’observer la maison jusqu’à ce qu’elle comprenne ce qui s’y passait. Son sac tintait à chaque pas.
En passant devant la maison, Mina remarqua une enveloppe coincée sous le paillasson. Son prénom y était écrit à l’encre bleue, d’une écriture tremblante. Félix voulut appeler un adulte, mais la rue était presque vide. Mina ouvrit l’enveloppe : elle contenait une petite clé de cuivre et un papier portant ces mots : « Cherchez là où la maison garde ses souvenirs. » Ils regardèrent autour d’eux. Aucune fenêtre ne bougea. La porte principale était fermée, mais une porte étroite, sur le côté, semblait mal ajustée. Félix recula; Mina, elle, sentit que le message leur était destiné. La clé était encore tiède dans sa paume.
La clé tourna sans bruit. Mina poussa la porte étroite; elle grinça comme si elle n’avait pas bougé depuis longtemps. À l’intérieur, l’air sentait la poussière et la cannelle. Félix alluma la lampe de son téléphone. Dans le corridor, des cadres montraient des enfants déguisés, toujours devant la même maison. Une horloge arrêtée indiquait onze heures cinquante-sept. Mina remarqua une trace de boue près de l’escalier, puis une autre, plus loin. Elles menaient vers le sous-sol. Au-dessus d’eux, un craquement résonna, suivi d’un petit rire étouffé. Félix murmura qu’ils devraient sortir, mais Mina aperçut une lueur sous la porte du bas.
Les marches du sous-sol craquaient sous leurs chaussures. Au bas, la lueur venait d’une lanterne posée près d’un vieux coffre. À côté, un bol contenait des bonbons emballés dans du papier orange. « Quelqu’un est passé ici », souffla Félix en montrant la boue fraîche. Mina souleva le couvercle du coffre. À l’intérieur, elle trouva des costumes pliés, des cartes jaunies et une photographie d’une fillette déguisée en sorcière. Au dos, une date : 31 octobre 1974. La fillette tenait une lanterne identique. Soudain, trois coups retentirent au-dessus. Les cousins échangèrent un regard, puis entendirent une voix appeler doucement : « Mina, Félix, vous êtes là? »
Dans le corridor, une silhouette apparut, portant un chapeau pointu et une lanterne. Félix se plaça devant Mina, mais la personne leva la main. C’était Mme Lavoie, leur voisine, qui souriait sous son déguisement de sorcière. Elle expliqua qu’elle avait vécu dans cette maison lorsqu’elle était enfant. Chaque Halloween, sa famille y organisait une chasse aux souvenirs. Elle avait placé l’enveloppe et allumé la lanterne pour reprendre cette tradition. La lumière du grenier venait d’une petite lampe qu’elle installait près de la fenêtre. « Je voulais voir si quelqu’un remarquerait encore », dit-elle. Mina comprit alors que le mystère était un souvenir partagé.
Mme Lavoie leur montra une dernière carte, dessinée par sa sœur quand elles avaient l’âge de Mina. On y lisait : « Le meilleur trésor est celui qu’on partage. » Félix demanda pourquoi elle n’avait pas simplement raconté l’histoire. Mme Lavoie répondit qu’elle espérait que les enfants découvriraient la maison ensemble, comme autrefois. Elle leur offrit quelques bonbons, puis les accompagna jusqu’à la porte. Dehors, la rue était presque silencieuse. Mina se retourna : la fenêtre du grenier brillait encore, bien que Mme Lavoie eût éteint sa lampe. Félix cligna des yeux. La lumière disparut. Dans la poche de Mina, la petite clé était devenue froide. Elle ne posa aucune question.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Quel message était écrit sur le papier dans l’enveloppe?
Quels deux objets Mina trouve-t-elle dans l’enveloppe?
Quelle heure l’horloge arrêtée indique-t-elle?
Qui est la silhouette que les cousins voient dans le corridor?
Pourquoi Mme Lavoie a-t-elle laissé un indice aux cousins?
Que révèle le fait que Félix se place devant Mina lorsque la silhouette apparaît?
Pourquoi la lumière du grenier laisse-t-elle encore planer un doute à la fin du récit?
Que peut suggérer le contraste entre la clé tiède au début et froide à la fin?