Chapitre 2 : La porte sous la galerie
Ce qui s'est passé avant
Après la disparition de son balai, Grimalda a suivi une plume grise et des indices jusqu’à une boîte de cuivre, puis à la tour sans ombre. Elle y a retrouvé le balai en lui laissant choisir de revenir. Depuis, des plumes réapparaissent sur son seuil et sa boussole pointe vers la forêt des cloches.
Depuis le retour de son balai, Grimalda avait remarqué que la boussole ne quittait plus la forêt des cloches. Un soir, une plume grise apparut sur le seuil, comme les autres, mais celle-ci était humide et couverte de minuscules grains de sable. La sorcière la posa près de la fenêtre. Aussitôt, l’aiguille trembla et pointa vers le vieux puits où elle avait découvert la boîte de cuivre. Son balai, appuyé contre le mur, produisit trois petits coups secs. Puis, dans le miroir, une lumière s’alluma derrière elle, bien qu’aucune lampe ne fût allumée.
Grimalda se retourna, mais la pièce était vide. Sur le miroir, une buée formait lentement un cercle, puis un second, comme deux lunes superposées. Elle reconnut le signe gravé sur la boîte de cuivre; pourtant, elle ne l’avait pas vu dans son livre. Le balai frappa le plancher une fois et se dirigea vers la porte. Grimalda comprit qu’il voulait l’accompagner. Elle prit sa lanterne, son manteau et la plume humide, puis laissa à son voisin un nouveau billet : cette fois, elle ne promettait pas son heure de retour.
La nuit recouvrait déjà le sentier lorsqu’ils atteignirent le puits. Les branches de la forêt tintaient, mais leurs sons s’interrompaient chaque fois que Grimalda approchait du bord. Sous ses bottes, la pierre vibrait au rythme d’un cœur lointain. Elle attacha sa corde au bouleau et descendit avec le balai près d’elle. La salle ronde était vide; les plumes qui y flottaient avaient disparu. À leur place, une bande de sable dessinait un chemin jusqu’au mur opposé. La sorcière éclaira les pierres et aperçut une petite serrure, presque cachée sous la mousse.
La plume humide vibra dans sa main. Grimalda l’approcha de la serrure, sans la toucher; les grains de sable glissèrent de la plume et s’enfoncèrent dans le trou. Un déclic résonna sous leurs pieds. Le mur pivota lentement, révélant un escalier étroit qui descendait plus bas que la salle. Une odeur de pluie et de métal monta des marches. Le balai s’avança le premier, puis s’arrêta, comme s’il attendait une permission. Grimalda hocha la tête et le suivit. Une clochette tinta alors, bien qu’aucune ne bougeât au plafond.
Au bas de l’escalier, ils découvrirent une galerie traversée par un filet d’eau claire. Des centaines de clochettes minuscules pendaient au plafond, immobiles. Au milieu, une table de pierre portait une carte du village et de la forêt. Un point noir y avançait lentement, depuis le puits jusqu’à la maison de Grimalda. Elle posa un doigt sur la carte; le point s’arrêta. Alors, toutes les clochettes sonnèrent ensemble, et une voix sortit de l’eau : « Ce qui est revenu n’est pas seul. » L’écho se perdit dans le passage, sans que personne se montre.
Grimalda retira sa main. Le point noir reprit sa marche, mais il ne se dirigeait plus vers la maison : il suivait la ligne argentée jusqu’à la tour sans ombre. Sur la carte, une seconde silhouette apparut près du balai. La sorcière regarda autour d’elle; elle et son compagnon n’étaient pourtant que deux dans la galerie. Le balai se pencha vers l’eau, puis recula brusquement. Une forme pâle passa sous la surface, à contre-courant. Grimalda sentit le froid de la boîte gagner ses doigts, même si elle l’avait laissée chez elle.
Elle voulut remonter, mais l’escalier avait disparu derrière la porte de pierre. Le balai se plaça devant elle, prêt à la protéger, tandis que la silhouette sur la carte quittait la tour et s’approchait du puits. Grimalda comprit qu’elle devait choisir : écouter la voix ou trouver une autre sortie. Elle leva la lanterne. Dans l’eau, son reflet ne bougea pas avec elle; il lui montra plutôt une porte au fond de la galerie. Puis le reflet sourit, alors que Grimalda, elle, ne souriait pas, et l’eau se troubla soudain.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Vers quel endroit l’aiguille de la boussole pointe-t-elle après l’apparition de la plume?
Qu’est-ce qui distingue cette plume grise des précédentes?
Quelle forme la buée dessine-t-elle sur le miroir?
Qu’est-ce qui a remplacé les plumes dans la salle ronde?
Que se passe-t-il lorsque Grimalda approche la plume de la serrure?
Après que Grimalda retire sa main de la carte, vers quel endroit le point noir se dirige-t-il?
Que dit la voix qui sort de l’eau?
Que constate Grimalda lorsqu’elle veut remonter?
Pourquoi Grimalda hoche-t-elle la tête avant de suivre le balai dans l’escalier?
Que peut comprendre Grimalda en entendant « Ce qui est revenu n’est pas seul » et en voyant la silhouette sur la carte?
Quel mot ou quelle expression du chapitre contribue le plus à l’atmosphère mystérieuse? Explique l’effet produit par ce choix.
La fin du chapitre te semble-t-elle efficace pour donner envie de lire la suite? Justifie ton jugement avec un détail du texte.