Du mouvement au son
Comment naît un son
Le son fait partie de notre quotidien. Nous entendons une porte qui se ferme, une voix qui nous appelle ou la pluie qui frappe une fenêtre. Pourtant, le son n’est pas un objet que l’on peut voir se déplacer dans la pièce. Il commence plutôt par un mouvement très rapide, souvent trop petit pour être observé à l’œil nu. Quand un objet bouge d’avant en arrière, il peut faire vibrer ce qui l’entoure. Ces vibrations mettent en mouvement les particules voisines et produisent une onde sonore. Pour comprendre comment le son arrive jusqu’à nos oreilles, il faut donc suivre ce mouvement depuis sa source.
La source d’un son est l’objet ou la partie d’un objet qui vibre. Une règle posée au bord d’une table produit un son si on abaisse son extrémité, puis qu’on la relâche. La règle oscille rapidement et fait vibrer l’air autour d’elle. Une corde de guitare, une membrane de tambour et les cordes vocales peuvent aussi être des sources sonores. Dans chaque cas, le mouvement de la source pousse ou attire les particules voisines. Ces particules ne voyagent pas toutes depuis l’instrument jusqu’à l’oreille. Elles vibrent surtout autour de leur position, puis transmettent leur mouvement aux particules suivantes.
Dans l’air, les particules sont très rapprochées. Lorsqu’une source vibre, elle rassemble temporairement certaines particules, puis les espace légèrement. Ces petites zones de compression et d’espacement se succèdent et forment une onde sonore. On peut imaginer une rangée de personnes qui se touchent l’épaule : chacune transmet une poussée à sa voisine sans parcourir toute la rangée. L’onde, elle, avance dans l’air et transporte de l’énergie. La vibration arrive ainsi près de l’auditeur, même si les particules d’air ne font pas tout le trajet depuis la source.
Le son peut aussi se déplacer dans l’eau et dans plusieurs solides, car ils contiennent des particules capables de transmettre des vibrations. Dans une piscine, un bruit produit sous l’eau peut donc parvenir à une personne qui s’y trouve. Un coup frappé sur une porte peut être entendu de l’autre côté, même si la porte atténue une partie du son. La vitesse de propagation dépend du matériau : les vibrations se transmettent généralement plus rapidement dans les solides que dans l’air. En revanche, dans le vide, où il n’y a pas de particules pour transmettre le mouvement, une onde sonore ne peut pas se propager.
Du son à l’écoute
Pour entendre un son, l’onde doit d’abord atteindre l’oreille. La partie visible, appelée pavillon, aide à recueillir les sons et les dirige dans le conduit auditif. Au bout de ce conduit se trouve le tympan, une fine membrane qui sépare l’oreille externe de l’oreille moyenne. Quand l’onde sonore atteint le tympan, celui-ci se met à vibrer. Les sons forts et les sons faibles font vibrer le tympan, mais pas avec la même ampleur. L’oreille transforme ensuite ces vibrations en signaux que le cerveau pourra interpréter. Entendre n’est donc pas simplement recevoir un bruit : plusieurs parties de l’oreille travaillent ensemble.
Derrière le tympan se trouvent trois petits os, les osselets. Ils transmettent les vibrations du tympan jusqu’à la cochlée, une structure en forme de spirale située dans l’oreille interne. La cochlée contient un liquide et de minuscules cellules ciliées. Quand les vibrations font bouger le liquide, ces cellules réagissent au mouvement. Elles le transforment en messages électriques qui circulent par le nerf auditif jusqu’au cerveau. Le cerveau peut alors reconnaître des sons familiers, comme une sonnerie ou une voix. Chaque étape compte : si les vibrations ne sont pas transmises correctement, le message reçu par le cerveau peut être différent ou moins clair.
Tous les sons ne sont pas perçus de la même façon. La hauteur d’un son indique s’il est aigu ou grave. Elle dépend de la fréquence, c’est-à-dire du nombre de vibrations produites en une seconde. Une source qui vibre rapidement produit généralement un son plus aigu qu’une source qui vibre lentement. Une petite cloche peut ainsi produire un son plus aigu qu’un grand tambour. La hauteur ne dit pas si le son est fort ou faible : ce sont deux caractéristiques différentes. Pour comparer des sons, il faut donc écouter attentivement et se demander si leur hauteur change, si leur intensité change, ou si les deux changent en même temps.
L’intensité correspond à la force avec laquelle un son est perçu. Elle dépend notamment de l’ampleur des vibrations : une vibration plus ample produit souvent un son plus intense. La distance a aussi un effet. À mesure que l’on s’éloigne d’une source, l’énergie sonore se répartit dans un espace plus grand et le son qui atteint l’oreille paraît généralement moins intense. Une porte fermée ou un rideau épais peut également atténuer certains sons, car une partie de l’énergie est absorbée ou réfléchie. Ces différences expliquent pourquoi une conversation tranquille près de nous peut être plus facile à entendre qu’un bruit semblable à l’autre bout d’un grand local.
Modifier, transmettre, comprendre
La voix humaine est un autre exemple de son produit par des vibrations. Lorsque nous parlons, l’air qui sort des poumons passe dans le larynx, où se trouvent les cordes vocales. Ces plis de tissu se mettent à vibrer et produisent un son. La bouche, la langue et les lèvres modifient ensuite le son afin de former les mots. La hauteur de la voix peut changer selon la tension et le mouvement des cordes vocales. Pour crier, on produit généralement un son plus intense, mais crier longtemps peut fatiguer la voix. Boire de l’eau et éviter de forcer sa voix aident à en prendre soin, surtout après une activité où l’on a beaucoup parlé.
Les instruments de musique produisent des sons de différentes façons. Dans une guitare, ce sont les cordes qui vibrent; la caisse de résonance aide ensuite à rendre le son plus audible. Dans un tambour, la membrane tendue vibre quand on la frappe. Dans une flûte, c’est une colonne d’air qui vibre lorsque le musicien souffle. Chaque instrument a une forme et des matériaux qui influencent les sons qu’il peut produire. Le musicien peut aussi modifier la hauteur ou l’intensité en changeant son geste, la tension d’une corde ou la quantité d’air soufflée. Observer ces différences permet de mieux comprendre qu’une même onde sonore peut naître de sources très variées.
Lorsqu’un son rencontre une surface, il peut être réfléchi, absorbé ou traverser le matériau en partie. Une surface dure et lisse, comme un mur de pierre, réfléchit une partie des ondes. Dans une grande salle vide, le son peut rebondir sur les murs et revenir jusqu’à l’auditeur : on entend alors parfois un écho. Les matériaux mous ou épais, comme certains rideaux, absorbent davantage d’énergie sonore. C’est pourquoi une pièce meublée peut sembler moins résonnante qu’une pièce vide. Les panneaux absorbants installés dans une salle servent aussi à réduire les sons qui se réfléchissent. Ils ne font pas disparaître toutes les vibrations, mais ils peuvent rendre les paroles plus faciles à comprendre.
Un microphone et un haut-parleur permettent de transformer et de transmettre des sons. Dans un microphone, les ondes sonores font vibrer une membrane. Le dispositif transforme ces vibrations en signal électrique, qui peut être enregistré ou envoyé à un autre appareil. Un haut-parleur effectue en quelque sorte le trajet inverse : un signal électrique fait bouger une membrane, et ce mouvement met l’air en vibration. Le son peut alors être entendu à proximité. Ces appareils ne transportent pas directement la voix d’une personne comme un objet; ils convertissent des formes d’énergie. La qualité du son dépend entre autres du microphone, du haut-parleur et des conditions d’écoute.
Pour étudier un son, on peut observer sa source, le matériau qu’il traverse et la façon dont il est entendu. Une expérience simple consiste à faire vibrer doucement une règle fixée au bord d’une table, puis à modifier la longueur de la partie qui dépasse. Il faut éviter de la frapper près du visage et ne jamais produire un bruit très fort près des oreilles. On peut ensuite comparer ce que l’on entend et décrire les changements de hauteur ou d’intensité. Ces observations aident à distinguer les caractéristiques du son et à relier chaque effet à une cause. En résumé, un son naît de vibrations, se propage dans un milieu matériel et devient un message que notre cerveau interprète.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Dans quelle partie du texte l’auteur explique-t-il comment les vibrations atteignent le cerveau?
Quel rôle les cellules ciliées de la cochlée jouent-elles?
Qu’est-ce qui détermine principalement si un son est aigu ou grave?
Pourquoi le son entendu devient-il généralement moins intense quand l’auditeur s’éloigne de la source?
Pourquoi une pièce meublée peut-elle produire moins d’écho qu’une grande pièce vide?
Quelle expérience décrite dans le texte aimerais-tu essayer pour mieux comprendre le son? Explique ce qui t’intéresserait.
Quel exemple ou quelle comparaison du texte t’aide le mieux à comprendre comment le son se déplace? Justifie ton choix.