La lanterne dans le brouillard (version simplifiée)
Un samedi d’octobre 1958, Anaïs descend vers la vieille gare de Port-aux-Brumes. Elle a onze ans et connaît tous les sentiers du village. Pourtant, elle évite cette gare depuis l’arrêt de l’horloge. Son grand-père est gardien du phare. Il lui demande d’y chercher une boîte de fusibles. Le ciel est bas. Une pluie fine colle ses cheveux à son front. Près du quai, les barques frappent doucement les poteaux. Anaïs serre sa lampe de poche. Puis elle pousse une porte qui grince. Elle entre malgré sa peur. Elle pense qu’une course rapide vaut mieux qu’un détour. Elle évitera ainsi la pluie froide et silencieuse du port.
Dans le bureau du chef de gare, Anaïs voit de vieux billets. Elle voit aussi une vieille carte. Elle voit une machine ancienne pour envoyer des messages. La machine est couverte de poussière. La boîte est sur une table. C’est celle qu’elle cherche. Mais son couvercle ne s’ouvre pas. Anaïs tire dessus. Un carnet tombe derrière un meuble. Les lettres J. B. sont sur sa couverture. Plusieurs pages portent des taches de sel. Anaïs reconnaît l’écriture de son grand-père. Elle lit : « Le signal doit rester visible avant la prochaine marée. » Plus loin, un dessin montre une flèche vers la jetée nord. Elle glisse le carnet dans sa poche avec soin.
Dehors, le vent se lève. Les nuages cachent la lumière. Anaïs court vers la jetée nord. Au bout, elle voit une petite cabine de bois. La cabine est près du phare. Sa porte montre le même symbole que le carnet. À l’intérieur, un miroir rouillé repose sur une étagère. Une lanterne attend à côté. Anaïs comprend enfin le message. Elle doit mettre la lanterne dans la cabine. Ainsi, les pêcheurs la verront depuis le large. Mais une vague frappe les poteaux sous la cabine. Le carnet tombe entre deux planches. Anaïs s’allonge sur le sol mouillé. Elle tend le bras sans penser au danger.
Ses doigts touchent le carnet. Une nouvelle rafale fait claquer la porte. Anaïs prend aussi la lanterne. Elle recule en rampant. Puis elle remonte la pente. La pluie devient plus forte. Au phare, son grand-père l’attend près d’une fenêtre. La cloche du port sonne trois fois. Il comprend qu’un bateau cherche l’entrée du chenal. Ensemble, ils allument la lanterne. Ils la placent derrière la vitre de la cabine. Sa lumière traverse le brouillard. Anaïs raconte sa découverte. Mais son grand-père lui demande de regarder au large. Entre les vagues, une silhouette apparaît.
Le petit bateau avance lentement. Des éclats de lumière le guident. À bord, un marin agite son manteau. Il a perdu son moteur près de la pointe. Il ne voit plus les bouées. Le grand-père prend son sifflet. Anaïs court vers la cloche. Elle frappe trois coups réguliers. Le son traverse le brouillard. Il répond au sifflet. Peu à peu, le bateau approche du quai. Le marin remercie les deux gardiens improvisés. La pluie cesse. Anaïs retourne à la cabine avec le carnet. Elle comprend que ce carnet n’est pas un simple souvenir. C’est une consigne laissée par son grand-père.
Dans la gare, elle ouvre enfin la boîte de fusibles. Son grand-père remplace la pièce brisée. L’horloge recommence à fonctionner. Elle fait un lourd tic-tac. Anaïs écrit les étapes dans son cahier. Elle note d’abord : trouver le carnet et comprendre le dessin. Elle ajoute : installer la lanterne et guider le bateau. Le soir, la famille écoute un vieux poste de radio. Le poste fonctionne avec des lampes. On annonce que la mer reste dangereuse. On annonce aussi que le marin est sain et sauf. Anaïs regarde par la fenêtre. La vieille gare ne lui fait plus peur. Elle comprend qu’un lieu peut garder des histoires. Il faut seulement prendre le temps de les écouter.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Pourquoi le grand-père envoie-t-il Anaïs à la vieille gare?
Quelles initiales sont écrites sur la couverture du carnet?
Que montre le croquis trouvé dans le carnet?
Quelle proposition présente le mieux le début, le milieu et la fin du récit?
Quels indices du récit confirment une époque ancienne, même si l’année 1958 est donnée? Nomme deux indices et explique ce qu’ils suggèrent.
Quels indices permettent de comprendre que Port-aux-Brumes se trouve près d’une grande étendue d’eau?
Nomme deux caractéristiques d’un texte qui raconte que tu observes dans ce récit, puis donne un exemple pour chacune.
Pourquoi le grand-père demande-t-il d’abord à Anaïs de regarder au large?
Selon toi, Anaïs fait-elle preuve de courage et de responsabilité? Justifie ton jugement par deux éléments du récit.
Le récit réussit-il à créer une atmosphère de mystère et de tension? Justifie ta réponse par deux éléments du texte.