La clochette sous les feuilles
À la fin d’octobre, Nora accompagnait son grand-père jusqu’à l’ancien verger derrière la maison. Les feuilles rouges et jaunes couvraient le sentier, et le vent faisait grincer la barrière. Depuis trois soirs, Nora entendait une clochette sonner près du pommier creux, juste après le coucher du soleil. Son grand-père disait que les branches se frottaient, mais Nora avait remarqué que le son s’arrêtait dès qu’on approchait. Ce soir-là, elle décida de rester un peu plus longtemps dans le verger.
Nora attendit derrière le cabanon, les mains dans les poches de son manteau. Quand la clochette tinta de nouveau, elle traversa le sentier sans quitter le pommier des yeux. Une rafale souleva les feuilles, mais le son venait du côté opposé au vent. Près du tronc, une branche basse bougeait à peine. Nora s’accroupit et remarqua un bout de ruban vert coincé sous les feuilles humides. Elle écarta doucement celles-ci et aperçut quelque chose de doré, presque entièrement caché.
Elle dégagea une petite clochette de cuivre, attachée au ruban. Un papier plié était glissé dans le ruban; l’encre brune avait pâli, mais les mots restaient lisibles : « Quand le vent tourne, rentre avant la nuit. » Au bas de la note, Nora reconnut le prénom Élise, celui de sa grand-mère. Elle avait entendu cette histoire sans jamais voir la clochette. Soudain, derrière elle, le gravier crissa. Son grand-père avançait avec une petite boîte de bois sous le bras.
Il ne parut pas surpris de voir la clochette dans les mains de Nora. Il lui expliqua que sa grand-mère l’accrochait au pommier chaque automne pour rappeler aux enfants de rentrer avant la tombée du jour. Après son décès, il avait rangé l’objet dans la boîte, puis l’avait replacé la veille. « Je voulais que tu la trouves », dit-il. Nora comprit alors pourquoi il avait parlé des branches : il espérait garder la surprise jusqu’à ce qu’elle découvre la note.
Le grand-père referma la boîte et proposa de rentrer. Nora conserva la clochette dans sa paume, encore tiède de la chaleur du cuivre. Le vent fit tournoyer une dernière feuille autour du tronc. Au moment où ils franchirent la barrière, un tintement léger retentit derrière eux. Nora se retourna : la clochette reposait dans sa main, immobile. Son grand-père regarda le verger sans rien dire. Dans les branches sombres, une feuille rousse glissa lentement vers le sol, comme si quelqu’un venait de passer.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Près de quel arbre Nora entend-elle la clochette depuis trois soirs?
Qu’est-ce que Nora découvre sous les feuilles humides?
À quoi servait la clochette chaque automne?
Que peut-on comprendre du lien entre le grand-père et la clochette, puisqu’il l’a replacée après l’avoir gardée dans une boîte?
Pourquoi le dernier tintement demeure-t-il mystérieux, même après l’explication du grand-père?
Quel sentiment la fin du récit provoque-t-elle chez toi? Appuie ta réponse sur un détail et explique ce que tu aurais fait à la place de Nora.
Quel détail trouves-tu le plus réussi pour créer le mystère dans le récit? Justifie ton choix.