Compréhension de lecture

La maison qui grinçait

  • Français
  • 4e année
  • 1 section
  • Nouveau programme de français 2026

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Français — 4e année · Compréhension de lecture

La maison qui grinçait

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Date
Le texte
Illustration du texte « La maison qui grinçait »

En octobre, ma tante Lucie m’a invité à passer la nuit dans sa vieille maison, près de Trois-Pistoles, au Bas-Saint-Laurent. Elle disait que la maison était hantée depuis qu’un ancien propriétaire y avait perdu son chapeau. Je trouvais cette histoire peu inquiétante : un chapeau, ça ne mord pas. Pourtant, quand le vent du fleuve faisait grincer les volets, je regardais ma tuque avec méfiance. Tante Lucie m’avait confié une lampe de poche, un sac de croustilles et une mission très sérieuse : découvrir d’où venait le bruit dans le grenier avant le déjeuner du lendemain.

À minuit, je suis monté sur la pointe des pieds. Chaque marche criait comme un canard qui aurait avalé une trompette. Dans le grenier, des boîtes, un vieux fauteuil et une rangée de bottes formaient des silhouettes étranges. J’ai éclairé un grand drap suspendu. Il a bougé tout seul! J’ai reculé si vite que je me suis assis dans un panier à linge. Mon courage était maintenant plié en quatre. Puis un petit « miaou » a traversé le silence. Un fantôme qui miaule? J’ai avancé, prêt à négocier avec lui, sans trop savoir comment.

J’ai soulevé le drap et découvert Moustache, le chat gris de tante Lucie. Il s’était glissé dans une boîte et avait accroché le tissu avec ses griffes. Le panier à linge, lui, avait roulé jusque sous le fauteuil; c’était lui qui avait cogné contre le mur. Je me suis mis à rire, mais Moustache m’a lancé un regard vexé, comme si j’avais interrompu une réunion importante. Je l’ai porté en bas. Tante Lucie attendait dans la cuisine, une tasse de tisane à la main, sans avoir l’air surprise, comme si elle avait déjà compris.

Elle m’a expliqué que la maison avait une réputation de maison hantée depuis des années. Les voisins entendaient parfois des pas, des coups et des grincements. Tante Lucie avait pourtant remarqué que ces bruits arrivaient surtout quand le chat jouait dans le grenier ou quand le vent soufflait du fleuve. Elle n’avait rien dit tout de suite, car elle voulait voir si je trouverais l’explication. « Une enquête de fantômes, ça réveille mieux qu’un cadran », a-t-elle plaisanté. J’ai accepté de continuer, mais j’ai gardé la lampe allumée, même après être retourné dans ma chambre.

Le lendemain, nous avons inspecté les autres pièces. Dans le salon, un rideau claquait contre la fenêtre mal fermée. Dans l’entrée, une vieille horloge avançait de deux minutes, puis s’arrêtait avec un soupir mécanique. Je prenais des notes dans un carnet, comme un détective très sérieux, sauf que j’avais dessiné une moustache sur mon portrait-robot du fantôme. Moustache a essayé de manger le crayon. Tante Lucie a déclaré que le suspect était maintenant aussi gourmand que mystérieux. À midi, nous avions trouvé une cause ordinaire pour chaque bruit de la maison.

Avant de repartir, j’ai demandé à tante Lucie si elle croyait encore aux fantômes. Elle a haussé les épaules : « Je crois surtout aux chats, aux fenêtres mal fermées et aux vieilles maisons qui travaillent avec le froid. » Je n’ai pas vu de fantôme pendant cette nuit-là, mais j’ai découvert qu’une enquête peut être amusante même quand le mystère se dégonfle. En quittant la maison, j’ai salué Moustache. Il m’a répondu par un bâillement, puis il s’est installé dans le panier à linge. Cette fois, j’ai vérifié qu’il n’y avait aucun drap dessus.

Lis le texte, puis réponds aux questions.

FrançaisCréé par Isabelle avec Coprof.ca · 21 octobre 2026 · v0.2 · f68917c