Compréhension de lecture

La lanterne du vieux quai (version simplifiée)

  • Français
  • 5e année
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Français — 5e année · La lanterne du vieux quai

La lanterne du vieux quai (version simplifiée)

Version simplifiée

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Le texte
Illustration du texte « La lanterne du vieux quai »

Le 31 octobre, le vent souffle fort à Saint-André-de-Kamouraska. Des feuilles rouges frappent les portes décorées. Émile a onze ans. Il vient de faire le tour des maisons avec Maude, sa sœur. Sur le chemin du retour, il voit une citrouille allumée sur le vieux quai. Le quai est fermé depuis plusieurs années. Sa flamme reste droite, même si le vent secoue les branches. Près de la citrouille, une enveloppe mouillée porte le prénom d’Émile. Son prénom est écrit à l’encre bleue. Les maisons sont éclairées. Pourtant, le quai semble seul, entouré de brume. Maude l’attend au coin de la rue. Émile cache l’enveloppe dans sa poche sans rien dire.

Dans la cuisine, Émile ouvre le papier. Il lit : « À minuit, rends la lumière à la maison qui a perdu sa voix. » Le message ne porte aucun nom. Maude rit d’abord. Puis elle voit la citrouille dessinée en bas de la page. Son sourire disparaît. Leur grand-père avait parlé d’un ancien gardien. Autrefois, il allumait une lanterne près du quai. Elle aidait les pêcheurs à trouver leur chemin dans le brouillard. Depuis la construction du nouveau port, personne ne s’occupe du quai. Émile croit à une blague d’Halloween. Pourtant, l’encre bleue brillait encore, comme si la nuit avait avalé le reste du monde.

À onze heures et demie, les enfants retournent au quai. Maude tient une lampe de poche. Émile porte la citrouille sous son bras. La brume s’épaissit. Derrière eux, les lumières du village deviennent floues. Sur la porte d’un cabanon, ils trouvent une autre enveloppe. Une pierre la protège. Le message dit : « Cherche là où les vagues frappent trois fois. » Ils longent le rivage jusqu’à un escalier en bois. Chaque vague fait entendre un bruit sourd sous les planches. Émile compte trois coups, puis un quatrième. Ce dernier semble répondre depuis l’autre côté, dans le noir de la rive froide.

Maude pose la main sur la rampe. Elle tremble, mais ne recule pas. Émile comprend que le quatrième coup vient d’une planche détachée. Une vague la soulève chaque fois. Le mystère semble moins magique, mais reste inquiétant. Sous l’escalier, une petite porte est bloquée. Des algues et des branches la couvrent. Les enfants la dégagent ensemble. Derrière, une boîte en métal contient une vieille lanterne, un carnet et une clé rouillée. Une note, écrite avec la même encre bleue, dit : « La maison est celle du gardien. La lumière attend quelqu’un qui ose entrer. » La maison est au bout du quai, près des grands rochers noirs.

La clé ouvre la porte d’une petite maison en bois. Elle est vide depuis longtemps. Sur une tablette, Émile trouve le carnet du gardien. Celui-ci y notait les marées et les noms des pêcheurs qu’il avait aidés. La dernière page porte la date du 31 octobre, vingt ans plus tôt. Elle raconte qu’une tempête avait éteint la lanterne. Le gardien était parti chercher de l’aide. Il n’était jamais revenu au quai. Maude trouve une mèche sèche dans un tiroir. Émile place la lanterne près de la fenêtre. Puis il allume la mèche avec sa petite lampe, parmi les ombres qui bougent dans le port.

La flamme s’allume aussitôt. Elle forme un carré doré dans la brume. Au même moment, une cloche sonne au village. L’église est loin. D’habitude, les enfants ne peuvent pas entendre son mécanisme depuis le quai. Dans le carnet, une phrase apparaît sous la dernière date : « Quand la lumière revient, la voix du gardien trouve le chemin. » Maude serre le bras d’Émile. Au loin, une silhouette lève la main. Puis elle disparaît derrière les rochers. Les enfants ne racontent rien aux adultes. Le lendemain, la lanterne est froide. Mais une nouvelle citrouille brille devant leur porte. Personne ne l’a déposée là.

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