La maison au bout de la rue
Le 31 octobre, la pluie avait cessé juste avant la tombée du soir. Léa ajusta son costume de corneille, tandis que son cousin Malik vérifiait la lampe de poche dans son sac. Au bout de la rue, une maison abandonnée se dressait derrière une clôture tordue. Les voisins racontaient qu’on y entendait des pas, même si personne n’y habitait depuis des années. Léa n’y croyait pas vraiment, mais elle gardait les yeux fixés sur les fenêtres noires. Malik, lui, voulait seulement récupérer la citrouille décorée qu’il avait oubliée près du perron en après-midi.
Tout d’abord, ils longèrent la clôture pour atteindre le perron. Une chaîne pendait à la grille et bougeait sans vent. Malik poussa la porte du jardin; elle s’ouvrit avec un grincement si long que Léa sentit ses épaules se raidir. Sur les marches, la citrouille avait disparu. À sa place reposait une petite lanterne, encore chaude, et une enveloppe portant le prénom de Léa. La porte d’entrée s’entrouvrit avant même qu’ils frappent. Elle hésita, puis déplia le papier. À l’intérieur, une phrase était tracée à l’encre violette : « Entrez si vous voulez retrouver ce qui manque. »
Puis, ils entrèrent, car la lanterne éclairait déjà le vestibule. L’air sentait la poussière et les feuilles mouillées. Des portraits couvraient le mur, mais les visages semblaient tourner vers eux quand la flamme vacillait. Dans le corridor, un murmure monta, puis un gémissement, enfin un hurlement. Malik affirma qu’un haut-parleur caché devait produire ces sons; pourtant, sa voix tremblait. Léa remarqua une traînée de terre qui partait du tapis et montait l’escalier. Elle proposa de suivre les traces, même si chaque marche craquait sous leurs pas. Au-dessus d’eux, un volet claqua, puis le silence revint.
À l’étage, une porte entrouverte laissait passer une lumière bleue. Les enfants s’approchèrent lentement. Derrière la porte, une silhouette vêtue d’un long manteau se balançait devant la fenêtre. « Qui est là? » demanda Léa. La silhouette leva un bras et la lumière s’éteignit. Malik voulut redescendre, mais un petit bruit de cloche retentit dans la pièce. Cette fois, Léa entra seule; son cousin la suivit aussitôt. Sur une table, ils découvrirent la citrouille de Malik, ainsi qu’un vieux masque de corneille. Le masque était humide, comme s’il venait d’être porté sous la pluie.
Soudain, le manteau se détacha de la chaise et tomba au sol. Personne ne se trouvait près de la fenêtre. Malik éclaira le plancher : la terre s’arrêtait sous la table, sans aucune empreinte qui y conduise. Puis la cloche tinta de nouveau, cette fois derrière une armoire. Léa l’ouvrit et trouva une chatte noire, avec un ruban violet autour du cou. Un médaillon indiquait « Mistral ». La chatte se frotta contre la citrouille; à l’intérieur, quelque chose cliqueta. Malik souleva le couvercle et découvrit une petite clé. Ses oreilles se dressèrent vers le coffret près de la fenêtre.
Finalement, la clé ouvrit un coffret posé près de la fenêtre. Il contenait des bonbons emballés et un billet signé par leur voisine, madame Gagnon : « Merci d’avoir retrouvé Mistral. Je préparais une surprise d’Halloween, mais le vent a emporté la citrouille et le masque. » Un rire discret résonna dans le corridor, bien qu’ils n’aient vu personne. Les enfants sortirent avec la chatte dans les bras et les bonbons dans leurs sacs. Dehors, la maison semblait vide. Ils n’entendirent plus aucun pas derrière eux. Pourtant, au deuxième étage, une fenêtre s’alluma une dernière fois, puis s’éteignit.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
À quel moment l’histoire commence-t-elle?
Pourquoi Malik veut-il se rendre près de la maison?
Qu’est-ce que Léa et Malik trouvent à la place de la citrouille sur les marches?
Quels sons les enfants entendent-ils dans le corridor, dans l’ordre?
D’où part la traînée de terre et où mène-t-elle?
Qu’est-ce que Léa et Malik découvrent sur la table, dans la pièce à l’étage?
Quel animal Léa découvre-t-elle derrière l’armoire, et quel indice permet de connaître son nom?
Selon le billet, pourquoi la citrouille et le masque se trouvent-ils dans la maison?
Que laisse croire l’absence d’empreintes sous la table, alors que la terre y mène?
Pourquoi Léa ouvre-t-elle l’armoire après la nouvelle sonnerie de cloche?
Que révèle le fait que Malik suive Léa dans la pièce, même s’il voulait redescendre?
Quel moment du récit t’a fait ressentir le plus de peur ou de curiosité? Explique ta réaction en nommant un détail qui l’a provoquée.
Dans la phrase « Dans le corridor, un murmure monta, puis un gémissement, enfin un hurlement. », classe les trois mots qui désignent des sons du moins intense au plus intense.
Dans la phrase « Tout d’abord, ils longèrent la clôture pour atteindre le perron. », que signale « Tout d’abord » et quelle action cette expression annonce-t-elle?