Un geste après l’autre
Le matin de la rentrée, Malik se réveille avant que son réveil sonne. Dans sa chambre, son sac bleu attend près de la porte, déjà rempli de cahiers neufs. Il vérifie pourtant son étui, sa boîte à lunch et la petite carte où sa mère écrit l’adresse de l’école. Cette année, il entre en quatrième année dans une nouvelle classe. Son ventre se serre quand il pense aux élèves qu’il ne connaît pas. À la cuisine, sa sœur Nora lui rappelle que les premières journées sont parfois étranges. Malik sourit, mais il garde les yeux baissés. Avant de partir, il glisse dans son sac une bille brillante qui lui porte chance.
Sur le chemin, Malik avance à côté de Nora, qui fréquente la même école. Les trottoirs brillent encore après la pluie de la nuit. Devant la grille, des parents parlent, des enfants courent et des autobus déposent leurs passagers. Malik reconnaît seulement son voisin Thomas. Celui-ci lève la main, puis disparaît dans la foule. Une affiche indique les noms des classes. Malik cherche le sien, mais des épaules lui cachent la liste. Il inspire lentement et demande à une surveillante de l’aider. Elle pointe la ligne : « Classe de Mme Gagnon, local 204. » Malik remercie la surveillante. Il répète le numéro tout bas pour ne pas le perdre avant de monter l’escalier.
Dans le local 204, les bureaux forment des équipes de quatre. Mme Gagnon accueille chaque enfant à la porte et lui remet une étiquette portant son prénom. Malik choisit une place près de la fenêtre, mais il ne sait pas comment commencer une conversation. La fille assise devant lui fait tomber plusieurs crayons. Il les ramasse et les lui tend. « Merci, je m’appelle Zoé », dit-elle. Malik répond qu’il s’appelle Malik. Elle remarque la bille dans sa main et lui demande si elle vient d’un jeu. Il explique que sa mère la lui a donnée hier. Peu à peu, deux autres élèves se joignent à eux. Le silence de Malik devient moins lourd.
Après l’accueil, l’enseignante présente le défi de la matinée : chaque équipe doit construire une affiche sur les idées qui rendent l’école agréable. Les élèves disposent de feuilles, de ciseaux et de feutres. Zoé propose de parler de la cour, tandis que Thomas, arrivé entre-temps, suggère la bibliothèque. Malik écoute sans lever la main. Il pense à sa première école, où une boîte permettait aux enfants de laisser des messages gentils. Comme personne ne trouve de titre, il raconte cette idée. L’équipe décide d’écrire « Des mots qui font du bien ». Mme Gagnon félicite le groupe et demande à Malik de dessiner la boîte au centre de l’affiche avec soin et de la colorier.
Malik commence son dessin, puis il s’arrête : il ne trouve plus sa bille. Il fouille sa poche, son étui et le dessous de son bureau. La bille n’est nulle part. Son visage chauffe. Il se demande s’il l’a laissée dans l’escalier. Zoé lui propose de chercher après l’activité, mais Malik craint de rater les explications. Thomas observe alors le sac bleu posé près de la fenêtre. Une petite bosse apparaît sous une feuille. Il soulève le cahier et découvre la bille. Malik pousse un soupir de soulagement. Il remercie Thomas, puis reprend son crayon. Cette fois, il dessine une boîte ronde, avec une fente et un grand cœur au milieu.
À la récréation, Malik suit Zoé jusqu’à la cour. Il remarque qu’elle connaît déjà plusieurs élèves, mais elle reste avec lui près du mur. Ils parlent de leurs jeux préférés et découvrent qu’ils aiment tous les deux inventer des parcours avec des craies. Quand la cloche sonne, Malik propose de montrer son idée à la classe. Dans le local, Mme Gagnon demande à chaque équipe de présenter son affiche. Malik tient le dessin, tandis que Zoé lit le titre. Il explique que des messages gentils peuvent aider une personne qui se sent seule. Les élèves donnent des exemples. Mme Gagnon ajoute une feuille vide à côté de l’affiche pour recueillir ces messages.
Durant l’après-midi, les élèves apprennent les routines de la classe. Ils rangent le matériel, notent les devoirs et choisissent un livre pour la lecture silencieuse. Malik se trompe de tablette et place son livre dans le mauvais casier. Il devient rouge, mais Zoé lui montre simplement le numéro inscrit sur l’étiquette. Plus tard, Mme Gagnon remet à chacun un petit carton : il faut y écrire une chose que l’on espère apprendre cette année. Malik écrit qu’il veut parler devant un groupe sans trembler. Il relit sa phrase et ajoute qu’il aimerait aussi découvrir comment fonctionne le corps humain. En quittant l’école, il dépose son carton dans une grande enveloppe blanche fermée.
Dans l’autobus, Malik raconte sa journée à Nora. Il parle de Zoé, de Thomas et de l’affiche qui se remplit déjà de messages. Il avoue qu’il avait peur de ne trouver personne à qui parler. Nora lui demande ce qui a changé. Malik réfléchit avant de répondre. Il comprend qu’il a commencé à se sentir à sa place lorsqu’il a proposé son idée et lorsque ses camarades l’ont écouté. Sa bille n’a pas fait disparaître son inquiétude, finalement. Ce sont plutôt ses gestes et ceux des autres qui l’ont aidé. En arrivant chez lui, Malik range soigneusement son sac. Il place la bille dans une petite poche, puis sort son agenda pour lire les devoirs.
Le lendemain, Malik entre dans la cour sans vérifier l’adresse de sa classe. Il aperçoit la feuille vide près de l’affiche et propose de distribuer des cartons aux élèves qui veulent écrire. Ensuite, il invite Émile à rejoindre son équipe. Émile serre son sac contre lui et regarde le sol. Malik lui montre la boîte dessinée la veille. Il explique que chacun peut y déposer un message, même très court. Émile sourit et choisit une feuille. Pendant qu’il écrit, Malik comprend que la rentrée ne consiste pas seulement à trouver son local. Elle sert aussi à créer des liens. La bille reste dans sa poche, mais Malik se sent prêt.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Quelles sont les deux choses que Malik espère apprendre cette année?
Pourquoi Malik invite-t-il Émile à rejoindre son équipe le lendemain?
À la fin, Malik dit qu’il n’a plus besoin de chance. Es-tu d’accord avec cette idée? Explique ta réaction en t’appuyant sur un geste de Malik.