Le Good Behavior Game fonctionne, mais moins que sa réputation
Le jeu du bon comportement est présenté partout comme une intervention à effet fort. En ne retenant que les essais randomisés — sept études, environ 4 700 enfants — les effets tombent entre 0,09 et 0,32. Réels, mais bien plus modestes que ce que rapportent les études de cas.
D’après Smith (2021) · Ajouté le 13 août 2026
L’essentiel
- En ne gardant que les essais randomisés — 7 études, environ 4 700 enfants — les effets du jeu du bon comportement vont de 0,09 à 0,32.
- Les revues fondées sur des études de cas rapportaient des effets moyens à grands : l'écart vient de la méthode, pas du hasard.
- Effets significatifs sur les problèmes de conduite ; aucun effet sur l'inattention.
- Les effets varient selon le sexe des élèves, ce qui invite à choisir la cible avant l'outil.
Le chiffre
g = 0,09 à 0,32
effet du Good Behavior Game dans les essais randomisés
Source
Smith, S., Barajas, K., Ellis, B., Moore, C., McCauley, S. & Reichow, B. (2021). Behavior Modification.
Lire l'article original →Méta-analyse
Résumé Coprof d'après la source citée. Les chiffres proviennent de l'étude originale.
Le Good Behavior Game — le jeu du bon comportement — est l'une des interventions les plus recommandées en gestion du comportement. Le principe est simple : la classe est divisée en équipes, chacune perd un point quand un comportement ciblé apparaît, et les équipes sous un certain seuil obtiennent une récompense. Sa réputation repose sur des décennies d'études. Cette méta-analyse demande ce qu'il en reste quand on ne retient que les devis les plus exigeants.
Le même outil, deux verdicts
Les auteurs ont synthétisé uniquement les essais randomisés contrôlés : sept études, représentant environ 4 700 enfants. Les effets obtenus vont de 0,09 à 0,32 selon le résultat mesuré. C'est réel, mais petit.
Or les revues antérieures, construites sur des études de cas — un petit nombre d'élèves observés de près, avec des mesures répétées — rapportaient des effets moyens à grands. Les auteurs le disent eux-mêmes : leurs résultats sont « quite modest » en comparaison.
L'écart ne vient pas d'un désaccord entre chercheurs, mais de la méthode. Une étude de cas suit quelques élèves souvent choisis parce qu'ils posent problème, dans une classe où l'observateur est présent. Un essai randomisé compare des classes entières tirées au sort. Le second cadre est plus sévère, et les effets y rétrécissent presque toujours.
Où l'effet se trouve, et où il ne se trouve pas
Le détail compte plus que la moyenne. Le jeu fait mieux que les conditions de comparaison sur les problèmes de conduite rapportés par les pairs, sur les comportements de retrait rapportés par les pairs, et sur les problèmes de conduite rapportés par l'enseignant — avec, pour ce dernier, un effet plus fort chez les filles que chez les garçons. L'effet observé sur la compréhension en lecture, lui, ne concernait que les garçons.
En revanche, aucune différence significative n'apparaît sur l'inattention, ni sur les comportements de retrait tels que rapportés par l'enseignant.
En pratique
Rien ici ne dit d'abandonner le jeu du bon comportement : il reste peu coûteux, facile à mettre en place, et son effet sur la conduite est réel. Ce que l'étude corrige, c'est l'attente. Si tu l'installes en espérant transformer le climat de ta classe en deux semaines, tu seras déçu. Si tu l'installes pour faire baisser graduellement un type de dérangement précis, tu es dans la bonne fourchette. Les auteurs concluent d'ailleurs que la population visée et le comportement ciblé devraient être choisis avant de décider de l'implanter.
Résumé Coprof d'après Smith, Barajas, Ellis, Moore, McCauley & Reichow (2021), Behavior Modification.
En classe
- Si tu utilises le jeu du bon comportement, attends-toi à une amélioration réelle mais graduelle, pas à un retournement de classe.
- C'est sur les problèmes de conduite qu'il agit le mieux ; sur l'inattention, l'étude ne trouve aucun effet.
- Choisis la cible avant l'outil : demande-toi quel comportement précis tu veux voir changer.