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Évaluation & rétroaction3 min de lecture

Questionner avant d'enseigner aide — mais seulement sur ce qu'on a demandé

Poser des questions avant la leçon améliore nettement l'apprentissage du contenu visé par ces questions (0,66). Sur le reste de la leçon, l'effet est nul (0,01). La préquestion est donc un projecteur, pas un réveil général.

D’après King-Shepard (2025) · Ajouté le 13 août 2026

L’essentiel

  • Sur le contenu visé par les préquestions, l'effet sur l'apprentissage est de 0,66.
  • Sur le contenu non questionné de la même leçon, l'effet est de 0,01 — autrement dit, nul.
  • La préquestion oriente l'attention plutôt qu'elle ne l'augmente globalement.
  • Le corpus couvre plus de soixante ans de recherche, où les effets sur le contenu non questionné étaient jusqu'ici contradictoires.

Le chiffre

0,66 vs 0,01

effet des préquestions : contenu questionné vs reste de la leçon

Source

King-Shepard, Q. W., Walker, J., Nokes-Malach, T. J., Carpenter, S. K. & Fraundorf, S. (2025). Educational Psychology Review.

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Méta-analyse

Résumé Coprof d'après la source citée. Les chiffres proviennent de l'étude originale.

Poser une question avant d'enseigner, alors que les élèves ne peuvent pas encore y répondre, paraît étrange. C'est pourtant une technique ancienne, et la recherche s'y intéresse depuis plus de soixante ans. Cette méta-analyse récente tranche une question restée ouverte : jusqu'où porte le bénéfice ?

Ce que dit l'étude

Les auteurs distinguent deux effets possibles d'une préquestion. Le premier concerne le contenu visé par la question elle-même. Le second concerne le reste de la leçon — tout ce que l'élève va entendre sans qu'on l'ait questionné dessus.

Sur le contenu questionné, l'effet est net : 0,66. C'est un gain substantiel, obtenu pour le prix d'une question posée trente secondes plus tôt.

Sur le contenu non questionné, l'effet est de 0,01. C'est-à-dire rien.

Pourquoi ce contraste est important

Jusqu'ici, la recherche donnait des résultats contradictoires sur ce second point : certaines études trouvaient un bénéfice général, d'autres un effet nul, d'autres encore un effet négatif — comme si les préquestions détournaient l'attention du reste. En regroupant l'ensemble, les auteurs concluent à une absence d'effet général.

Cela change la façon de comprendre le mécanisme. Une préquestion n'agit pas comme un réveil qui rendrait l'élève plus attentif à tout ce qui suit. Elle agit comme un projecteur : elle éclaire ce qu'on a désigné, et laisse le reste dans la même lumière qu'avant.

La bonne nouvelle, c'est que le projecteur, lui, est puissant. La nouvelle plus exigeante, c'est qu'il faut choisir où le pointer.

En pratique

Cette étude transforme une intuition en décision de planification. Avant une leçon, la question n'est plus « est-ce que je pose des préquestions ? » mais « sur quoi est-ce que je les pose ? ». Les deux ou trois éléments que tu veux vraiment voir rester en juin méritent une préquestion ; le reste n'en tirera rien.

Un dernier point de pratique : l'élève est censé ne pas savoir répondre. Une préquestion évaluée ou corrigée sévèrement transforme un outil d'apprentissage en source d'anxiété, et supprime la raison même de la poser.

Résumé Coprof d'après King-Shepard, Walker, Nokes-Malach, Carpenter & Fraundorf (2025), Educational Psychology Review.

En classe

  • Pose tes préquestions sur ce que tu veux vraiment que les élèves retiennent : elles n'aident que là-dessus.
  • N'attends pas d'une préquestion qu'elle rende les élèves attentifs à toute la leçon.
  • Ne pénalise pas les mauvaises réponses : l'élève est censé ne pas savoir, c'est le principe.