La maison derrière la grille
Quand la dernière cloche sonna, Nora traversait seule la rue des Tilleuls. La pluie avait vidé les trottoirs et brouillé les vitrines. Au bout de la rue, une maison de pierre attendait derrière une grille entrouverte. Sa grand-mère lui avait défendu d’y entrer, sans jamais expliquer pourquoi. Nora poursuivit son chemin, mais une lumière pâle trembla à l’étage. Elle pensa qu’un voisin avait oublié une lampe. Puis trois coups résonnèrent derrière la porte. Elle ne vit personne à la fenêtre.
Son frère Malik la rejoignit au coin de la rue. Il tenait une lampe de poche et la clé de la remise, qu’il venait de trouver dans le manteau de leur mère. Leur mère, restée au dépanneur, leur avait téléphoné pour leur demander de rentrer ensemble. Malik remarqua les coups, puis la lumière. Il voulut appeler la police, mais son téléphone n’avait plus de réseau. Nora posa la main sur la grille. Celle-ci s’ouvrit sans bruit.
Dans le vestibule, l’air sentait la terre mouillée. La lampe de Malik éclaira des cadres renversés, un fauteuil couvert d’un drap et une horloge arrêtée à minuit. Au fond du couloir, une porte battait doucement, bien qu’aucune fenêtre ne fût ouverte. Nora aperçut une clé posée sur une table. « C’est peut-être la clé du mystère », murmura Malik, en la glissant dans sa poche. Alors, l’horloge sonna une fois. Le fauteuil remua sous son drap.
Les deux enfants coururent vers la sortie, mais le vestibule avait disparu derrière un mur nu. Une voix appela Nora depuis l’étage : elle ressemblait à celle de sa grand-mère. Malik éclaira l’escalier, puis la porte ouverte au bout du couloir. Cette bâtisse semblait changer de forme autour d’eux. Nora comprit que la grille, dehors, n’était plus qu’un souvenir. Elle serra la main de son frère et monta les marches, attirée par la voix qui répétait son prénom.
Au dernier palier, ils trouvèrent une chambre vide et une fenêtre donnant sur la rue. La pluie avait cessé, pourtant des traces humides menaient jusqu’au mur. Nora reconnut les petites empreintes de ses propres bottes. Derrière eux, la voix de leur mère cria depuis le rez-de-chaussée qu’elle était arrivée. Malik se retourna. Dans l’escalier, une silhouette tenait la lampe de poche. Un courant d’air glacé traversa la pièce. Nora sentit alors, dans sa poche, la clé froide bouger toute seule.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Où Nora se trouve-t-elle lorsque la dernière cloche sonne?
Pourquoi Malik ne peut-il pas appeler la police?
Que se produit juste après que Malik glisse la clé dans sa poche?
Qu’est-ce qui a changé lorsque les enfants courent vers la sortie?
Dans l’escalier, que tient la silhouette que Malik aperçoit?
Quel effet la dernière scène produit-elle sur toi? Appuie ta réaction sur un détail du récit et indique ce que tu aurais fait à la place de Nora.
Dans la phrase « Cette bâtisse semblait changer de forme autour d’eux. », quel lieu nommé plus tôt est repris par les mots « Cette bâtisse »?
Dans la phrase « C’est peut-être la clé du mystère », que signifie le mot « clé » dans l’expression « clé du mystère »?