Les graines de Mme Beaulieu
Au début de juin, la classe de Noémie préparait le jardin de l’école pour l’été. Chaque équipe avait choisi une tâche : arroser les laitues, désherber les allées ou attacher les tomates. Noémie, elle, devait nettoyer le petit carré près de la clôture. La terre y était sèche et craquelée, et presque rien ne poussait. « On pourrait en faire un coin de tournesols », proposa Malik, son voisin de pupitre. Noémie trouva l’idée belle, mais elle ne savait pas par où commencer. Elle avait peur que ses efforts ne changent rien et voulait bien faire.
Quand la cloche sonna, Malik aperçut un objet coincé sous une planche du carré. C’était une petite boîte en métal, rouillée sur les bords. À l’intérieur, ils trouvèrent un sachet de graines plié et une étiquette écrite à la main : « Tournesols — pour le jardin de l’école. » La date remontait à plusieurs années. Mme Gagnon, leur enseignante, reconnut l’écriture de Mme Beaulieu, une ancienne voisine qui avait aidé à créer le jardin. « Elle habite encore tout près », expliqua-t-elle en rangeant la boîte dans son sac. Personne ne savait si les graines pouvaient encore pousser.
Le lendemain, Noémie et Malik demandèrent à Mme Gagnon s’ils pouvaient essayer. L’enseignante leur montra comment gratter la terre, enlever les cailloux et mélanger du compost. Puis les deux amis déposèrent les graines dans trois petits sillons. Noémie les recouvrit doucement, sans trop tasser le sol. Ils installèrent aussi une bouteille percée près du carré pour garder la terre humide. Avant de partir, Noémie relut l’étiquette. Elle se demanda pourquoi Mme Beaulieu avait laissé ces graines, mais n’osa pas poser la question. Elle imagina que ces graines avaient une histoire importante.
Les jours suivants, Noémie prit l’habitude de passer au jardin avant la classe. Elle vérifiait la terre avec un doigt et remplissait la bouteille quand elle était vide. Au début, rien ne changea. Malik lui rappela que les graines avaient besoin de temps, mais Noémie observait le carré avec inquiétude. Un matin, elle vit enfin de minuscules feuilles vertes sortir du sol. Elle appela Malik, qui accourut avec son sac encore sur l’épaule. « Elles ont réussi! » cria-t-il. Noémie sourit, puis plaça une petite pancarte pour éviter qu’on piétine les jeunes pousses.
Une semaine plus tard, une pluie forte coucha une partie des jeunes tiges. Noémie eut envie de les redresser vite, mais Mme Gagnon lui conseilla d’attendre que le sol cesse d’être détrempé. Avec Malik, elle ajouta deux tuteurs et noua les tiges avec des bandes de tissu souple. Ils travaillèrent sans parler beaucoup, concentrés sur chaque plante. À la fin, le carré semblait moins triste. Le lendemain, Mme Gagnon annonça qu’une visiteuse viendrait voir les tournesols. Noémie se demanda si c’était Mme Beaulieu. Elle espérait que les fleurs seraient assez solides pour l’accueillir.
Le vendredi, une dame aux cheveux blancs s’arrêta devant le jardin. Mme Beaulieu tenait une vieille photo où l’on voyait le même carré rempli de tournesols. Elle expliqua qu’elle avait gardé les graines de la dernière récolte, puis les avait oubliées dans la boîte. Noémie comprit que la pancarte et les soins de la classe avaient aidé les plantes à reprendre leur place. Mme Beaulieu leur donna d’autres graines et promit de revenir. Quand les premiers boutons s’ouvrirent, Noémie en cueillit un pour la dame. Le jardin avait rapproché trois générations.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Où Malik trouve-t-il la boîte en métal?
À quoi sert la bouteille percée près des graines?
Quelles mesures Noémie et Malik prennent-ils après la forte pluie?
Que montre le fait que Noémie passe au jardin avant la classe et observe les pousses avec inquiétude?
Que laisse penser le fait que Mme Beaulieu apporte une photo et promet de revenir?
Quel moment du récit t’a le plus touché ou surpris? Explique ce que tu as ressenti et pourquoi.
Quel passage trouves-tu le plus réussi? Explique pourquoi.