La visite après la fermeture
Le vendredi soir, après la fermeture du musée municipal, Élise et son frère Thomas attendaient leur tante devant la grande grille de fer. Leur tante, madame Lavoie, travaillait comme guide et leur avait promis une visite spéciale. La pluie frappait les fenêtres hautes, tandis que les lampes du hall éclairaient les statues d’une lumière jaune. Élise connaissait déjà les salles du musée, mais elle n’y était jamais restée après la tombée du jour. Thomas plaisantait pour cacher son inquiétude. Il disait qu’un fantôme ne pouvait pas effrayer quelqu’un qui avait apporté une lampe de poche et deux biscuits au chocolat.
Madame Lavoie les conduisit d’abord dans la salle des portraits. Les visages peints semblaient suivre les visiteurs, parce que leurs yeux étaient tournés vers la porte. « Le gardien disait que le portrait du capitaine bougeait la nuit », raconta-t-elle en souriant. Thomas s’approcha du tableau, puis recula quand un petit bruit résonna derrière le cadre. Il pensa qu’une souris s’y cachait. Élise, elle, remarqua une fine ligne de poussière sur le plancher, comme si un meuble avait été déplacé récemment. Sa tante observa cette trace, mais elle ne donna aucune explication. La salle paraissait plus froide que le corridor.
Dans la galerie suivante, des vitrines présentaient des objets retrouvés dans la région : une boussole, un carnet et une clé de cuivre. La clé reposait sur un coussin de velours rouge. Élise lut l’étiquette : elle aurait appartenu à un ancien directeur, disparu en 1912. « Elle ouvre peut-être une porte oubliée », murmura Thomas. Au même instant, la boussole tourna lentement, bien que personne ne touchât la vitrine. Madame Lavoie fronça les sourcils. Elle expliqua que l’aiguille se bloquait parfois, mais que le mécanisme avait été réparé la semaine précédente. Les deux enfants échangèrent un regard sans parler. La lumière vacilla soudain.
La visite se poursuivit dans une petite salle consacrée aux inventions. Pendant que leur tante cherchait le commutateur, Élise entendit trois coups venant du mur. Thomas alluma sa lampe, et un cercle pâle apparut sur une porte étroite qu’ils n’avaient pas remarquée. Elle était cachée derrière un rideau et semblait condamnée. Madame Lavoie revint, car le bruit l’avait inquiétée. Elle affirma que le musée ne possédait aucune pièce derrière ce mur. Pourtant, un filet d’air froid faisait bouger le rideau. Thomas posa la main sur la poignée; elle tourna sans résistance, puis la porte s’entrouvrit dans un long grincement.
Derrière la porte, un escalier descendait vers une réserve sombre. Madame Lavoie hésita, puis sortit de sa poche une vieille clé de cuivre. Elle expliqua que son grand-père, ancien employé du musée, lui avait parlé d’un passage secret; pourtant, elle croyait qu’il s’agissait d’une histoire inventée. La clé de la vitrine ressemblait exactement à celle qu’elle tenait. « Nous devrions prévenir le gardien », dit-elle. Mais les trois coups retentirent encore, plus bas cette fois. Élise proposa d’attendre près de la porte pendant que sa tante appelait. Thomas aperçut alors une lueur qui glissait au bas des marches et disparut aussitôt.
Madame Lavoie appela le gardien, mais son téléphone ne captait aucun signal. Soudain, la lueur remonta l’escalier et s’arrêta devant eux. Ce n’était pas un fantôme : une petite lanterne était accrochée au collier d’un chat gris. L’animal s’échappa dans la galerie, puis sauta sur le coussin de velours. La clé de cuivre tomba de la poche de madame Lavoie et glissa sous la vitrine. Quand Thomas la récupéra, il trouva, derrière le meuble, une porte minuscule ouverte sur le corridor. Le chat s’y faufila. Pourtant, personne ne se souvenait l’avoir vu entrer au musée. Un grelot tinta dans le corridor.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Pourquoi Élise et Thomas viennent-ils au musée après sa fermeture?
Quels trois objets sont présentés dans les vitrines de la galerie?
Quel indice Élise remarque-t-elle sur le plancher de la salle des portraits?
À qui la clé de cuivre aurait-elle appartenu, selon l’étiquette?
Que répond madame Lavoie au sujet de l’espace derrière le mur?
Qu’est-ce qui fait bouger le rideau devant la porte étroite?
Qu’aperçoit Thomas au bas des marches avant que sa tante appelle le gardien?
Qu’est-ce qui produit la lueur aperçue dans l’escalier?
Pourquoi Thomas plaisante-t-il au début de la visite?
Pourquoi madame Lavoie hésite-t-elle avant de descendre l’escalier?
Pourquoi la dernière phrase laisse-t-elle planer un doute, même après la découverte du chat?
Quel moment du récit t’a semblé le plus inquiétant? Explique ta réaction en t’appuyant sur un détail du texte.
Dans la phrase « Elle expliqua que l’aiguille se bloquait parfois, mais que le mécanisme avait été réparé la semaine précédente », relève le mot qui relie les deux idées et explique le lien qu’il établit.
Dans la phrase « La pluie frappait les fenêtres hautes, tandis que les lampes du hall éclairaient les statues d’une lumière jaune », relève les deux verbes à l’imparfait et explique ce que ce temps décrit.