La lumière sous la grange
En octobre, je passe quelques jours chez ma tante à Kamouraska, près du fleuve Saint-Laurent. Un soir, ma cousine Élodie et moi marchons derrière la vieille grange. Le vent fait danser les longues herbes et pousse une odeur de feuilles mouillées. Soudain, j’entends trois coups secs sous le plancher. Élodie s’arrête. Elle me montre une petite lumière bleue qui glisse entre les planches, puis disparaît. Nous n’osons pas parler. Même le chien reste immobile dans la cour.
Le lendemain, nous revenons avec une lampe et le vieux carnet de mon grand-père. Il y raconte qu’un messager cachait autrefois des objets importants près du fleuve. La page montre un dessin étrange : une étoile au-dessus d’une porte. Nous cherchons autour de la grange. Sous une pierre plate, Élodie découvre une clé rouillée attachée à un fil rouge. Au même instant, la cloche de l’église sonne midi, même si l’horloge indique onze heures ce jour-là.
Nous suivons le fil rouge jusqu’à un bouleau penché. Dans son tronc, une fente laisse passer un courant d’air froid. Je glisse la clé dans une serrure presque invisible. Un déclic résonne, mais rien ne s’ouvre. Élodie touche le dessin de l’étoile. Alors, une planche pivote lentement et révèle une boîte de métal. À l’intérieur, il n’y a ni bijoux ni argent : seulement une photo ancienne, un petit drapeau du Québec et une lettre pliée.
Je lis la lettre à voix basse. Elle parle d’une institutrice de Kamouraska qui, pendant une grande inondation, a aidé des familles à rejoindre la route. La photo la montre devant cette grange, entourée d’enfants souriants. Selon la lettre, la boîte doit rester cachée jusqu’au jour où quelqu’un voudra comprendre le courage des gens d’ici. Élodie serre ma main. Nous comprenons les coups sous le plancher : le bois bougeait avec le vent, mais le mystère nous a conduits au bon endroit.
Avant de repartir, nous remettons la boîte dans sa cachette, mais nous gardons une copie de la lettre. Ma tante écoute notre histoire sans rire. Elle connaît le nom de l’institutrice : madame Côté, sa propre arrière-grand-mère. Le soir, je retourne seul près de la grange. La lumière bleue apparaît encore entre les planches. Cette fois, j’entends un quatrième coup. Puis une voix chuchote mon prénom. Je cours vers la maison, sans savoir si le passé vient de parler ou de nous appeler.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Dans quel endroit le narrateur passe-t-il quelques jours?
Quel objet Élodie découvre-t-elle sous une pierre plate?
Que contient la boîte de métal?
Pourquoi les coups sous le plancher se font-ils entendre?
Quel est le nom de l’institutrice mentionnée dans la lettre?
Que laisse penser la voix entendue à la fin?
Quelle émotion le dernier paragraphe provoque-t-il chez toi? Explique ta réponse avec un élément du texte.