Compréhension de lecture

Le jardin de Maude

  • Français
  • 6e année
  • 1 section
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Français — 6e année · Compréhension de lecture

Le jardin de Maude

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À la fin de septembre, à Saint-Hyacinthe, Maude longeait la rivière Yamaska en rentrant de l’école. Derrière le gymnase, une bande de terre nue séparait la clôture du terrain de soccer. La classe voulait y aménager un jardin pour les pollinisateurs au printemps. Maude rêvait déjà de fleurs éclatantes et dessinait des rangées bien droites dans son carnet. Mme Gagnon lui avait confié une première tâche : observer l’endroit avant de choisir les plantes. Maude nota l’heure, la lumière et les flaques laissées par la pluie. Elle ne savait pas encore que ces détails changeraient tout.

Le lendemain, elle revint avec Sami, son voisin de pupitre. En longeant la rivière, Maude remarqua des tiges d’asclépiade, des feuilles déjà jaunies et une chenille accrochée à l’une d’elles. Sami voulut la déplacer dans un pot, mais Maude lui rappela qu’elle devait rester près de sa plante. Un papillon monarque passa au-dessus du sentier avant de disparaître derrière les saules. Les deux amis photographièrent la scène au lieu de cueillir des fleurs. Maude ajouta à son carnet que certaines plantes nourrissaient les insectes à différentes étapes de leur vie. Le vent faisait frissonner les herbes hautes au bord de l’eau.

Le samedi, sa tante Élise, horticultrice dans une serre communautaire, l’aida à examiner des sachets de graines récoltées dans un jardin municipal. Elle expliqua que les fleurs indigènes, déjà adaptées au climat québécois, pouvaient mieux soutenir la faune locale que des espèces choisies seulement pour leur couleur. Maude reconnut l’asclépiade, mais confondit la verge d’or et un jeune aster. En comparant leurs feuilles, elle finit par les distinguer. Sa tante lui prêta aussi une petite pelle et lui demanda de ne prélever aucune graine sans autorisation. Maude comprit que préparer un jardin demandait autant de prudence que d’enthousiasme.

La semaine suivante, la classe visita la bande de terre avec un plan quadrillé. Maude plaça ses rangées au centre, là où le soleil frappait longtemps, et choisit des graines de plantes qui aimaient la chaleur. Pourtant, après une forte averse, l’eau resta dans un creux près de la clôture. En longeant la bande de terre, Maude remarqua que le sol restait frais sous les saules, tandis que le centre séchait rapidement. Elle observa aussi de petites pousses serrées dans la zone humide. Son plan lui parut soudain incomplet : le jardin devait répondre aux conditions de chaque partie du terrain.

En novembre, Maude apporta ses notes à une rencontre de planification. Sami proposa de placer les asters et la verge d’or dans la partie ensoleillée, puis les fougères dans le coin frais. Mme Gagnon vérifia les choix avec un guide de plantes du Québec. Ils déplacèrent les rangées sur le plan et gardèrent une petite zone libre pour les passages. Maude aurait préféré remplir tout l’espace de fleurs, mais elle accepta l’allée. En regardant la carte corrigée, elle imagina les insectes circulant d’une fleur à l’autre sans piétiner les jeunes plants. Elle rangea le carnet avec les sachets de graines étiquetés.

Au début de juin, quand la terre fut assez réchauffée, la classe transporta les plants dans la cour. La tante Élise était venue aider à reconnaître les espèces. Elle montra à Maude les endroits marqués sur le plan. « Plantes-en quelques-uns près des saules, puis retournes-y après la récréation pour vérifier qu’ils tiennent bien », lui conseilla-t-elle. Maude creusa de petits trous, déposa les racines sans les plier et tassa la terre avec ses mains. Sami arrosa doucement les plants. Les étiquettes indiquaient leur nom et rappelaient à chacun où les installer.

Quelques jours plus tard, une semaine chaude assécha le centre du jardin. Les feuilles de deux plants s’affaissèrent, tandis que les fougères près des saules demeuraient fraîches. Maude résista à l’envie d’arroser tout le terrain et demanda conseil à Mme Gagnon. Ensemble, elles vérifièrent la terre avec les doigts. Les plants du centre avaient besoin d’eau; le coin ombragé, lui, était encore humide. Maude remplit un arrosoir et distribua l’eau lentement, sans inonder les racines. Elle nota la date dans son carnet pour suivre les changements après la prochaine pluie.

À la fin de juillet, le jardin n’avait pas l’apparence régulière que Maude avait dessinée en septembre. Des asters violets et des verges d’or jaunes formaient des taches irrégulières, et des insectes passaient entre les tiges. Un monarque se posa sur une asclépiade près de la clôture. Sami appela Maude pour lui montrer une nouvelle chenille. Elle sourit en reconnaissant la plante, puis observa l’allée restée libre et les jeunes pousses qui avaient résisté à la chaleur. Le jardin semblait moins ordonné que son premier plan, mais chaque partie avait trouvé sa place. Maude ajouta une dernière photo à son carnet.

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FrançaisCréé par Mélanie avec Coprof.ca · 9 octobre 2026 · v0.2 · b22376f