Une promesse sous les feuilles
Au début d’octobre, Maëlle accompagne son grand-père au jardin derrière la maison. Les érables ont déjà changé de couleur, et des feuilles rouges couvrent le sentier. Maëlle apporte un panier et une petite pelle. Elle croit qu’ils vont arracher les plants fanés. Pourtant, son grand-père lui tend un sachet de bulbes. « Nous préparons le printemps », explique-t-il. Maëlle regarde le ciel gris. Elle se demande comment des fleurs pourront pousser après un hiver si froid et long.
Ensemble, ils creusent des trous dans la terre encore molle. Le grand-père montre à Maëlle comment placer chaque bulbe, la pointe vers le haut. Elle en plante six, puis tasse la terre avec ses mains. Un écureuil roux traverse la clôture, une noisette dans la bouche. Maëlle s’arrête pour le regarder. « Lui aussi fait ses provisions », dit-elle. L’animal disparaît sous un tas de feuilles. Maëlle reprend son travail, attentive aux traces du jardin.
Quand le panier est vide, Maëlle remarque plusieurs feuilles collées à ses bottes. Son grand-père lui propose de les rassembler pour protéger les bulbes du froid. Ils forment un tapis brun autour des plates-bandes. Le vent soulève les feuilles, et Maëlle les replace en riant. Elle découvre une coccinelle cachée sous une feuille. Elle la dépose près d’un buisson, à l’abri du vent. Le jardin semble paisible, mais Maëlle imagine déjà ce qui se passe sous la terre.
Avant de rentrer, Maëlle demande si les bulbes dormiront jusqu’au printemps. Son grand-père répond que la terre les gardera au chaud, même quand la neige recouvrira le jardin. Il lui montre une étiquette où il a écrit « tulipes ». Maëlle la plante près du sentier, pour se souvenir de l’endroit. Puis elle observe les branches presque nues et entend un merle chanter au-dessus d’eux. L’automne lui paraît moins gris qu’auparavant. Elle commence à attendre les fleurs.
Le soir, Maëlle raconte à sa mère qu’elle a planté des fleurs qui ne sortiront qu’au printemps. Elle garde dans sa poche une feuille d’érable, orange. « Je vais la mettre dans mon cahier », dit-elle. Avant de dormir, elle imagine les tulipes sous la neige, tranquilles. Dehors, le vent fait danser les dernières feuilles dans la cour. Maëlle sourit : l’automne n’est pas seulement la fin des beaux jours. C’est aussi le début d’une promesse.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Où Maëlle et son grand-père travaillent-ils?
Pourquoi Maëlle et son grand-père rassemblent-ils les feuilles?
Quel nom est écrit sur l’étiquette que Maëlle plante près du sentier?
Pourquoi Maëlle commence-t-elle à attendre le printemps avec plaisir?
Pourquoi l’automne paraît-il moins gris à Maëlle qu’au début du récit?
Quel moment du récit t’a le plus intéressé? Explique ce que tu as pensé ou ressenti en le lisant.
Quel détail de la fin du récit trouves-tu le plus évocateur? Explique ton choix.