La cloche de l’école de rang (version simplifiée)
Le 31 octobre, une pluie légère tombait sur Saint-Élie. C’est un village des Cantons-de-l’Est. Maude et son cousin Félix revenaient de chercher des bonbons. Leurs sacs étaient presque pleins. Au bout de la rue, une vieille école se dressait. Une clôture penchée l’entourait. C’était une école de rang. Depuis des années, ses fenêtres restaient noires. Pourtant, une lumière venait d’apparaître au deuxième étage. Félix pensa qu’un voisin avait allumé une lampe. Maude se rappela une histoire de sa grand-mère. Chaque Halloween, disait-elle, une cloche sonnait dans l’école vide. Pourtant, personne n’y entrait.
Le vent poussait les feuilles mortes contre leurs bottes. Près de l’école, ils virent une petite porte ouverte. Elle se trouvait près de la cave. Une clé en laiton reposait sur le seuil. Elle était froide et mouillée. Maude la prit. Dans le corridor, ça sentait le bois mouillé. Félix alluma son téléphone pour éclairer les marches. Soudain, l’écran s’éteignit. Félix fit d’abord une blague. Puis, un petit son de cloche résonna au-dessus d’eux. Sa voix devint inquiète. Maude sentit son cœur battre très fort. La porte se referma derrière eux, sans bruit. Le loquet glissa et fit un petit clic.
Au deuxième étage, la lumière bougeait derrière une porte entrouverte. Les enfants montèrent lentement. Ils évitèrent les planches qui grinçaient. Sur un pupitre, ils trouvèrent un vieux cahier couvert de poussière. Une page portait la date du 31 octobre. L’écriture était bien droite. Une phrase suivait : « À minuit, la cloche répondra. » Félix regarda l’horloge arrêtée au mur. Les aiguilles montraient onze heures cinquante-neuf. Maude voulut téléphoner à sa grand-mère. Mais son téléphone ne trouvait aucun réseau. La pièce devint silencieuse et froide. Puis, la cloche sonna une fois sous leurs pieds.
Le son se répéta, encore plus près. Maude vit une trappe au bout du corridor. Elle mit la clé dans le cadenas. La serrure s’ouvrit. En bas, une cloche de cuivre pendait à une poutre. Une corde montait vers le plafond. Elle disparaissait dans une fissure. Chaque coup de vent faisait bouger la corde. Elle frappait doucement la cloche. Félix voulut rire, car il était soulagé. Mais son sourire disparut. Dans la poussière, des traces récentes allaient de la cloche au mur. Elles s’arrêtaient là. Aucune trace ne retournait vers l’escalier. Une odeur de laine mouillée restait dans la pièce.
Ils remontèrent sans parler, puis sortirent par la petite porte. La pluie avait cessé. Au loin, des citrouilles éclairées brillaient dans les fenêtres du village. La grand-mère de Maude les attendait sur le chemin. Elle tenait une lanterne. Elle écouta leur histoire. En voyant la clé, elle devint très pâle. « Cette clé était au concierge, il y a très longtemps », dit-elle doucement. Puis, elle demanda où ils l’avaient trouvée. Maude regarda l’école. Toutes les fenêtres étaient noires. Dans sa poche, la clé était encore tiède. De l’autre côté de la rue, une cloche sonna une dernière fois.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Qu’est-ce que la clé de laiton permet à Maude d’ouvrir?
Quel détail du récit t’a le plus inquiété ou surpris? Explique l’effet qu’il a eu sur toi.
À la place de Maude, serais-tu descendu par la trappe avec Félix? Explique ta décision en t’appuyant sur un détail du récit.
Dans les phrases « Félix plaisanta d’abord, mais sa voix se glaça lorsqu’un tintement bref résonna au-dessus d’eux. » et « Un silence glacé retomba sur la pièce. », explique le sens de « se glaça » et de « glacé », puis indique ce que ces deux emplois ont en commun.