Les coups derrière la porte
Un vendredi d’octobre, Maëlle rentrait de l’école par le sentier derrière la vieille grange. Le vent poussait les feuilles rouges contre ses bottes et le ciel devenait gris. Sa grand-mère lui avait demandé de rapporter un panier de pommes laissé près du pommier. Maëlle connaissait bien le chemin, mais elle n’aimait pas passer devant la grange quand la nuit approchait. Une fenêtre battait doucement, pourtant personne n’habitait là depuis des années, disait sa grand-mère.
En ramassant les pommes, elle entendit trois coups sourds derrière la porte de la grange : toc, toc, toc. Elle s’immobilisa. Peut-être était-ce une branche, pensa-t-elle, mais le vent soufflait dans l’autre direction. Maëlle posa son panier et s’approcha de quelques pas. Une petite lumière glissa sous la porte, puis disparut. Elle appela doucement : « Il y a quelqu’un? » Aucun mot ne répondit. Alors, un grincement monta de l’intérieur, dans le silence froid de la soirée.
Les doigts tremblants, Maëlle recula jusqu’au pommier. Elle se rappela alors le petit chat gris de sa voisine, disparu depuis le matin. Il aimait se cacher dans les endroits chauds. Maëlle prit une grande inspiration et posa l’oreille contre le bois. Cette fois, elle entendit un miaulement faible, suivi d’un autre coup. Ce n’était donc pas un fantôme : quelqu’un, ou plutôt un animal, avait besoin d’aide derrière la porte, qui semblait bien lourde à ouvrir.
Elle chercha la clé sous une pierre plate, comme sa grand-mère le lui avait montré. La serrure résista, puis céda avec un clic. Dans la grange, des outils projetaient de longues ombres sur les murs. Maëlle avança en tenant sa lampe. Tout au fond, le chat était coincé dans un vieux seau renversé. En bougeant, le seau cognait contre le plancher et faisait trembler une corde près de la porte, dans le courant d’air frais du soir.
Maëlle souleva le seau et le chat bondit dans ses bras. Une rafale fit claquer la porte derrière eux; elle sursauta, puis rit de soulagement. Elle rapporta le chat à sa voisine, qui la remercia avec un chocolat chaud. Sur le chemin du retour, les feuilles craquaient encore sous ses pas. Pourtant, chaque bruit lui semblait moins mystérieux. Au-dessus du pommier, une branche bougea sans vent. Maëlle pressa le pas, sans se retourner, jusqu’à la maison éclairée.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Que doit rapporter Maëlle à sa grand-mère?
Quel bruit Maëlle entend-elle venant du chat?
Où Maëlle trouve-t-elle la clé de la grange?
Pourquoi Maëlle décide-t-elle d’ouvrir la porte de la grange?
Pourquoi Maëlle presse-t-elle le pas à la fin, même si le chat est sauvé?
Quel moment t’a donné le plus de frissons? Explique pourquoi.
Quel détail de la fin trouves-tu le plus réussi? Explique ce qu’il apporte à l’histoire.