Les lanternes du quartier
Lis le récit et réfléchis aux choix des personnages.
À la fin d’octobre, Camille et son ami Malik aidèrent le centre communautaire à préparer la fête d’Halloween. Dans le gymnase, des familles installaient des tables, découpaient des silhouettes de chauves-souris et accrochaient des guirlandes orange. Camille avait proposé une promenade dans le quartier pour les enfants plus jeunes. Le parcours devait se terminer au centre, où chacun pourrait recevoir une petite pomme. Malik préférait organiser un concours de costumes, mais il accepta de donner un coup de main. La veille de la fête, ils vérifièrent les affiches et les sacs de pommes. Camille remarqua que plusieurs lanternes en papier étaient encore rangées dans une boîte. Elles devaient éclairer le chemin si la soirée devenait sombre.
Le lendemain, Camille sortit les lanternes et proposa d’en placer une à chaque tournant. Malik dessina le parcours sur une grande feuille : il passait devant la bibliothèque, longeait le petit parc et revenait au centre. Une bénévole rappela qu’il fallait éviter la rue en travaux, même si elle raccourcissait le trajet. Les deux amis déplacèrent alors une flèche sur l’affiche. En préparant les décorations, ils rencontrèrent monsieur Gagnon, qui habitait près du parc. Il leur expliqua que l’allée était mal éclairée et leur prêta quatre lampes à piles. Camille nota le nombre de lampes pour les rendre après la fête. Il leur souhaita une soirée amusante, sans vouloir participer lui-même.
Pendant qu’ils rapportaient les lampes au centre, la directrice leur demanda d’aider à préparer une petite salle calme. Les enfants qui trouvaient la promenade trop effrayante pourraient s’y reposer avec un adulte. Malik accrocha une affiche près de l’entrée, tandis que Camille plaça des feuilles et des crayons sur une table. Elle voulait que la fête convienne à tout le monde, pas seulement aux enfants qui aimaient les monstres. Malik plaisanta en disant qu’il ferait le visage le plus terrifiant du quartier. Pourtant, il choisit un costume de fantôme souriant plutôt qu’un masque effrayant. Il ne voulait pas faire peur aux tout-petits qui viendraient avec leur famille. La directrice approuva son choix et lui confia les décorations.
Le soir d’Halloween, alors que les bénévoles installaient les dernières décorations, un vent froid traversa le quartier. Des feuilles d’indication se détachèrent du mur et plusieurs citrouilles de papier roulèrent sur le trottoir. Malik voulut les remettre en place, mais une nouvelle rafale fit tomber la grande affiche du parcours. Il fronça les sourcils : si les familles ne voyaient plus les flèches, elles risquaient de se tromper. Camille ramassa les feuilles et constata que la rue près du parc était maintenant très sombre. Les lampes de monsieur Gagnon éclairaient l’allée, mais elles ne suffiraient peut-être pas à rassurer tous les enfants.
À ce moment, Zoé arriva avec sa mère. Zoé, une élève de première année, tenait un petit seau vide contre elle. Elle avait hâte de recevoir des pommes, mais elle s’arrêta devant les silhouettes sombres accrochées à l’entrée. Sa mère expliqua qu’elle avait peur des masques et des endroits peu éclairés. Malik regarda l’affiche tombée, puis le chemin qui longeait le parc. Il proposa de supprimer la promenade, pensant éviter tout risque. Camille ne répondit pas tout de suite. Elle observa les lanternes, les lampes prêtées et la salle calme que la directrice avait préparée. D’autres familles attendaient derrière Zoé, et plusieurs enfants regardaient déjà les décorations avec inquiétude.
Camille suggéra de modifier le trajet plutôt que d’annuler la promenade. Les bénévoles pourraient guider les familles par la rue principale, mieux éclairée, puis revenir directement au centre. Malik remit les flèches en place et retira les silhouettes les plus effrayantes de l’entrée. La directrice plaça les lampes à piles aux endroits plus sombres et demanda à deux adultes de marcher à l’avant et à l’arrière du groupe. Camille apporta une lanterne en papier à Zoé. La petite fille la prit avec précaution et sourit. Malik, qui s’était d’abord inquiété de l’affiche, vérifia le nouveau parcours avec les bénévoles. Chacun avait maintenant une tâche précise pour que la fête puisse continuer.
Quand la promenade commença, les enfants avancèrent en groupe, accompagnés par les adultes. Les lanternes et les lampes éclairaient la rue principale. Zoé marchait près de Camille et tenait sa lanterne à deux mains. Elle s’arrêta parfois pour regarder les costumes, mais elle ne demanda pas à retourner au centre. Malik distribuait les petites cartes du parcours et indiquait les tournants aux familles. Près de la bibliothèque, une rafale emporta encore une feuille; cette fois, il avait prévu des copies et en fixa une nouvelle sur le poteau. Les enfants continuèrent sans se perdre. À la fin, tous rentrèrent au centre et choisirent une pomme avant de rejoindre la salle décorée.
Plus tard, la mère de Zoé remercia Camille d’avoir proposé un chemin moins sombre. Zoé lui rendit la lanterne, puis demanda si elle pourrait aider à la préparer l’année suivante. Malik admit que son premier réflexe avait été d’abandonner l’idée, parce qu’il croyait qu’un parcours abîmé ne pouvait plus servir. Camille lui répondit que le groupe avait surtout eu besoin de regarder la situation autrement. Le lendemain, ils rapportèrent les lampes à monsieur Gagnon et lui racontèrent la soirée. Il sourit en apprenant que les enfants avaient suivi les indications sans difficulté. Dans le gymnase, les lanternes attendaient déjà la prochaine fête, et Camille nota quelques idées pour mieux les fixer.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Où se terminait la promenade d’Halloween prévue par Camille?
Quelle rue les organisateurs ont-ils décidé d’éviter?
Qu’est-ce que monsieur Gagnon prête aux deux amis?
À quoi devait servir la petite salle calme?
Qu’est-ce que le vent a abîmé ou déplacé pendant l’installation des décorations?
Comment la promenade se termine-t-elle?
Pourquoi Camille apporte-t-elle une lanterne à Zoé?
Pourquoi Malik choisit-il un costume de fantôme souriant plutôt qu’un masque effrayant?
Que révèle le choix de Camille de modifier le trajet plutôt que d’annuler la promenade?
Quelle décision des personnages t’a semblé la plus utile pour que la fête puisse continuer? Explique pourquoi.
Si tu avais été bénévole lorsque le vent a fait tomber l’affiche, qu’aurais-tu proposé au groupe? Explique ton choix.
Quel passage du récit trouves-tu le plus réussi? Explique ce qui le rend intéressant ou efficace.