Compréhension de lecture

La marche des lanternes

  • Français
  • 6e année
  • 1 section
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Français — 6e année · Compréhension de lecture

La marche des lanternes

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Illustration du texte « La marche des lanternes »

Le dernier samedi d’octobre, dans un quartier de Trois-Rivières, Léonie posa une grande citrouille devant la fenêtre de sa maison. Depuis plusieurs jours, les feuilles rouges des érables couvraient le trottoir, et l’air sentait la terre humide. Sa mère préparait une soupe à la courge pendant que son père réparait une lanterne de papier. Cette année, le quartier organisait une marche d’Halloween jusqu’à la salle communautaire. Léonie avait proposé d’aider les familles dont les enfants étaient trop jeunes pour parcourir seuls les rues. Elle connaissait chaque détour et voulait que la soirée soit accueillante pour tout le monde.

Léonie et son cousin Malik avaient préparé des lanternes pour guider les enfants vers la salle. Les citrouilles de Léonie semblaient sourire sur le perron, tandis que Malik découpait des silhouettes de chauves-souris dans du carton noir. Leur voisine Nora apporta des rubans réfléchissants; son petit frère Félix transporta les sacs de pommes. Les adultes vérifièrent le parcours sur une carte du secteur, car deux trottoirs étaient en réparation. Personne ne voulait que les enfants s’approchent des barrières orange. À la fenêtre, leur chien Pixel suivait leurs préparatifs avec une attention sérieuse, comme s’il comprenait l’importance de la mission.

À cinq heures, les premières familles se rassemblèrent devant la salle. Mme Bouchard attendait sous son auvent, près d’un panier rempli de petites pommes. Elle ne pouvait pas marcher longtemps, mais elle avait décoré son entrée de feuilles de papier et voulait accueillir les enfants. Pascal, le responsable de la salle, apporta une carte du quartier. Au même moment, un vent froid fit claquer les décorations et la pluie commença à tomber. Les parents resserrèrent les capuchons des costumes. Léonie regarda les rues assombries; l’itinéraire prévu passait près de deux trottoirs en travaux.

À cause de la pluie, une flaque large recouvrait le passage près du chantier, et le lampadaire du coin venait de s’éteindre. Pascal hésita : la marche risquait de devenir dangereuse. Malik se tourna vers sa cousine et déclara : « Nous avons assez de lumière pour le chemin. » Il proposa de contourner le chantier par la rue principale, où les vitrines éclairées permettaient de mieux voir. Léonie consulta la carte, puis demanda aux parents de rester ensemble. Mme Bouchard offrirait les pommes sous son auvent, à l’abri de l’averse. Ils pouvaient ainsi garder la fête sans emprunter le passage inondé.

Les familles suivirent le nouvel itinéraire en petits groupes. Les lanternes éclairaient les flaques et les rubans réfléchissants brillaient lorsque les enfants passaient devant les vitrines. Léonie marchait près des plus jeunes; Malik restait à l’arrière avec Pascal pour vérifier que personne ne se perdait. À chaque coin de rue, un adulte attendait avant de laisser le groupe traverser. Le détour était un peu plus long, mais personne ne se pressait. Quand ils arrivèrent chez Mme Bouchard, les enfants s’abritèrent sous l’auvent pendant que les parents repliaient les parapluies. La pluie frappait toujours les toits, mais les conversations reprenaient.

Mme Bouchard distribua les pommes une à une. Elle avait aussi préparé de petits sacs de biscuits à l’érable pour les enfants. En voyant leurs costumes détrempés, elle rit doucement et raconta qu’à son arrivée à Trois-Rivières, elle avait découvert la marche d’Halloween grâce à ses voisins. Elle avait alors fabriqué une lanterne avec une boîte de conserve et du papier coloré. Félix observa les lanternes de papier de Léonie, puis lui demanda comment en faire une. Léonie lui promit de lui montrer après la fête. Pendant quelques minutes, l’averse sembla moins forte, même si les nuages couvraient encore le ciel.

Au retour, les familles empruntèrent le même trajet éclairé et retrouvèrent la salle communautaire sans incident. Les enfants y accrochèrent leurs dessins de citrouilles et de maisons hantées sur un grand panneau. Mme Bouchard arriva peu après avec Pascal, qui l’aida à porter son panier vide. Avant de partir, Léonie regarda les lanternes posées près de l’entrée : leurs lumières tremblaient, mais elles tenaient bon. Elle pensa que la soirée avait changé à cause de la pluie, sans perdre ce qui la rendait spéciale. Dehors, les érables perdaient encore quelques feuilles, et les voisins se saluaient sous leurs parapluies.

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FrançaisCréé par Adé avec Coprof.ca · 16 octobre 2026 · v0.2 · 4fa2845