Compréhension de lecture

La maison sous la neige

  • Français
  • 5e année
  • 1 section
  • Nouveau programme de français 2026

Première page en lecture libre. L'abonnement ouvre la suite, l'impression et le téléchargement.

Français — 5e année · Compréhension de lecture

La maison sous la neige

Nom
Date
Le texte
Illustration du texte « La maison sous la neige »

Le vendredi soir, Mila arriva chez sa grand-mère avec Émile, son frère. Leur mère travaillait à l’hôpital et leur grand-mère devait les garder jusqu’à son retour. La maison se trouvait au bout d’un chemin que la neige avait presque effacé. Leur grand-mère leur donna une lampe, un trousseau de clés et une consigne : rester au rez-de-chaussée, car le sous-sol avait été inondé des années plus tôt. Elle devait porter un panier à sa voisine et promit de revenir bientôt. « La chaudière se remet parfois en marche toute seule », dit-elle en riant. Pourtant, son sourire disparut lorsqu’un coup sourd résonna sous leurs pieds. Puis elle referma la porte derrière elle.

Émile proposa de préparer du chocolat chaud pour patienter. Pendant qu’il cherchait une casserole, Mila observa les vieilles photos posées sur le buffet. L’ampoule de la cuisine clignota deux fois, puis s’éteignit. Son frère alluma la lampe. Dans le silence, un second coup retentit, cette fois sous l’escalier. Ils se regardèrent sans parler. « C’est sûrement la chaudière », souffla Émile, mais il posa la casserole sans même avoir rempli d’eau. Mila remarqua alors que la radio, pourtant débranchée, affichait une heure impossible : 00 h 00. Un grésillement bref sortit du haut-parleur. La lumière revint, et l’écran redevint noir.

Ils quittèrent la cuisine pour vérifier les fenêtres. Dans le couloir, la pénombre épaississait les ombres; la nuit semblait entrer par les fenêtres couvertes de givre. Le vent sifflait dehors, mais un murmure venait clairement de l’intérieur de la maison. Mila s’arrêta devant la porte du sous-sol. Un filet d’air froid passait sous le bois, bien que toutes les fenêtres fussent fermées. Émile affirma qu’il avait entendu un objet rouler sur les marches. Ils reculèrent jusqu’au tapis du salon. Derrière eux, la poignée bougea lentement, comme si quelqu’un essayait de sortir. Aucun d’eux ne voulut s’approcher pour vérifier.

Mila retourna vers le buffet, attirée par une photo tombée derrière un cadre. On y voyait deux jeunes filles devant la maison, au même endroit où se trouvait maintenant le tapis. La plus petite portait un pendentif argenté en forme d’étoile, identique à celui que Mila gardait au cou depuis son anniversaire. Son nom, Ada, était écrit au dos, sans autre explication. Émile essaya de plaisanter, mais sa voix tremblait. Mila remit la photo dans le cadre. À cet instant, une goutte d’eau tomba sur sa main, bien qu’il n’y eût aucun plafond humide au-dessus d’elle. La peur lui glaça le sang.

Un bruit de pas descendit alors vers le sous-sol. Mila saisit le bras de son frère. « Grand-mère est rentrée? » demanda-t-il. La porte d’entrée n’avait pourtant pas bougé, et le manteau de leur grand-mère manquait toujours au crochet. Les pas s’arrêtèrent juste derrière la porte du sous-sol. Puis une voix douce appela Mila par son prénom. Elle reconnut le timbre de sa mère, mais celle-ci se trouvait à l’hôpital, à plusieurs kilomètres de là. Émile secoua la tête. Il était certain que leur mère ne pouvait pas être entrée dans la maison. La voix répéta le prénom, plus près, et la poignée s’abaissa d’un centimètre.

Mila voulut appeler leur mère, mais son téléphone n’avait aucun réseau. Émile trouva le téléphone fixe sur une tablette et décrocha. Au lieu de la tonalité, ils entendirent trois coups espacés, identiques à ceux qui avaient résonné sous leurs pieds. Il raccrocha brusquement. Près du téléphone, le trousseau de clés brillait sous la lampe. Mila se rappela que sa grand-mère avait dit de ne pas descendre, sans leur expliquer pourquoi la porte devait rester fermée. Elle se demanda si le bruit pouvait venir d’un tuyau, mais la voix de sa mère venait de prononcer le prénom d’Émile. Son frère n’était plus près d’elle : il se tenait derrière le fauteuil.

Un petit crochet retenait la clé noire, plus ancienne que les autres, sur le trousseau. Mila pensa qu’elle pourrait ouvrir la porte pour vérifier si quelqu’un avait besoin d’aide. Émile protesta et désigna la photo d’Ada. La jeune fille du portrait avait maintenant les yeux tournés vers eux, alors que, quelques secondes auparavant, elle regardait l’objectif. Mila retourna le cadre; il n’y avait personne derrière. « On ouvre ensemble, puis on remonte tout de suite », dit-elle. Émile finit par acquiescer. La voix ne se faisait plus entendre, mais un souffle irrégulier montait de l’escalier. Mila prit la lampe et glissa la clé dans la serrure.

Mila posa la clé sur la table et demanda à Émile de tenir la lampe. Leur mère avait laissé son manteau près de la porte; le carnet de leur grand-mère restait ouvert sur une chaise. Un courant d’air fit tomber le carnet, et la clé heurta la rampe. Quand le verrou claqua derrière elle, elle sentit ses jambes trembler. Émile était juste devant, la lampe levée, mais personne ne se trouvait derrière Mila. Ils descendirent quelques marches. Au bas de l’escalier, une porte étroite s’ouvrait sur une pièce sèche, malgré l’inondation racontée par leur grand-mère. Une petite boîte à musique jouait au milieu du plancher, sans être remontée.

Mila reconnut la mélodie : sa mère la lui chantait lorsqu’elle était petite. La boîte s’arrêta soudain. Dans le reflet d’une vitre, une fille se tenait derrière les deux enfants. Mila se retourna : la pièce était vide. Alors la voix, toujours semblable à celle de leur mère, murmura : « Restez ici. » Émile tira sa sœur vers l’escalier. Ils remontèrent en courant et réussirent à ouvrir la porte. Sans reprendre leurs manteaux, ils sortirent dans la neige et coururent jusqu’à la maison de la voisine. Ils y attendirent, serrés l’un contre l’autre, jusqu’à l’arrivée de leur grand-mère. Aucun des deux ne parvint à lui raconter ce qu’ils avaient vu sans baisser la voix.

De retour dans la maison, leur grand-mère inspecta la porte du sous-sol. Elle était fermée, et une vieille barre de bois la bloquait de l’autre côté. « Cette pièce est condamnée depuis la grande crue », murmura-t-elle. Son visage pâlit lorsqu’Émile lui montra la photo d’Ada. La grand-mère expliqua que la fillette était morte bien avant la naissance de leur mère, mais ne dit rien au sujet du pendentif. Mila regarda le cadre une dernière fois. La photographie montrait maintenant Ada seule, sans l’autre enfant. Dans la neige, dehors, trois séries de traces s’éloignaient de la maison. Pourtant, Mila et Émile n’en avaient laissé que deux.

Lis le texte, puis réponds aux questions.

FrançaisCréé par Johannie avec Coprof.ca · 27 octobre 2026 · v0.2 · 5c6007c