Compréhension de lecture

La lanterne qui ne voulait pas s’éteindre

  • Français
  • 6e année
  • 1 section
  • Nouveau programme de français 2026

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Français — 6e année · Comprends le récit d’Halloween

La lanterne qui ne voulait pas s’éteindre

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Le texte

Le 31 octobre, à Val-des-Pins, la pluie avait cessé juste avant le coucher du soleil. Dans la rue des Érables, les citrouilles éclairées dessinaient des taches orangées sur les trottoirs mouillés. Camille, douze ans, ajusta sa cape noire devant la fenêtre. Elle devait rejoindre son ami Malik pour faire la tournée des maisons, mais son petit frère Théo refusait de sortir sans leur vieille lanterne familiale. Son père l’avait réparée avec du ruban adhésif et une poignée de métal. « Elle a connu bien des Halloween », avait-il dit. Camille trouvait l’objet encombrant; Théo, lui, le tenait comme un trésor.

Au moment de partir, la lanterne s’éteignit. Théo appuya sur l’interrupteur, secoua le boîtier et fronça les sourcils. Rien. Leur père examina les piles, puis annonça qu’il n’en avait pas de rechange. Camille proposa de laisser la lanterne à la maison : les décorations des voisins éclaireraient assez le chemin. Théo baissa les yeux. Il expliqua que leur grand-mère l’avait portée lors de sa première tournée, des années plus tôt, et qu’elle lui avait promis de la garder allumée ce soir. Depuis le début de la semaine, il comptait les heures avant cette sortie. Camille comprit que la panne n’était pas le seul problème.

Camille sortit son téléphone et alluma la lampe, mais sa batterie indiquait déjà douze pour cent. Malik arriva, déguisé en astronaute, avec une petite lampe frontale. « On peut avancer ensemble », proposa-t-il. Théo accepta, sans lâcher la lanterne. Dans la première maison, une dame leur donna des pommes et demanda pourquoi ils transportaient un objet éteint. Théo raconta l’histoire de leur grand-mère. La dame se souvenait d’elle : chaque année, elle accompagnait les enfants du quartier, même ceux qui n’avaient pas de costume. En repartant, Camille regarda la lanterne autrement. La vieille histoire semblait soudain avoir sa place dans leur soirée.

Au coin de la rue, une rafale fit claquer les décorations et dispersa les feuilles. Un petit garçon, déguisé en vampire, s’arrêta près d’eux : il avait perdu son groupe et ne reconnaissait plus sa maison. Le garçon serrait un sac de friandises contre son manteau. Malik orienta sa lampe vers les numéros, tandis que Camille demanda au garçon le nom de sa rue. Théo tendit sa lanterne, comme si elle pouvait encore éclairer quelque chose. Le garçon reconnut alors l’autocollant en forme d’étoile collé sur la poignée : il habitait deux portes plus loin. Ils l’accompagnèrent jusqu’à sa mère, qui les remercia, soulagée.

Sur le chemin de la maison suivante, Camille remarqua une lueur sous le couvercle de la lanterne. Elle ouvrit le compartiment : une vieille pile était mal placée, retenue par un morceau de carton plié. Son père avait probablement bricolé ainsi pour la faire fonctionner, mais le carton avait glissé. Malik stabilisa le boîtier pendant que Camille remit le carton en place. Théo appuya sur l’interrupteur. Une lumière jaune, faible mais régulière, apparut. Il sourit sans parler. Camille sentit la fierté de son frère, puis une autre émotion, plus inattendue : elle était contente d’avoir pris le temps de comprendre.

Ils poursuivirent leur tournée. La lanterne n’éclairait pas autant que la lampe de Malik, mais sa lumière attirait les regards. À chaque porte, Théo racontait une anecdote de leur grand-mère; bientôt, les voisins ajoutaient leurs souvenirs. Une personne se rappelait ses biscuits à la mélasse, une autre ses costumes cousus à la main. Camille écoutait, étonnée que tant de récits soient attachés à un objet cabossé. Quand ils arrivèrent devant la dernière maison, une femme âgée ouvrit la porte et reconnut la lanterne. Elle la salua par son prénom : c’était leur grand-mère, venue visiter une amie du quartier.

Elle expliqua qu’elle avait appris à réparer cette lanterne avec son propre père. Théo lui montra la lumière et le carton, fier de l’avoir sauvée avec l’aide de ses amis. Leur grand-mère rit doucement : « Ce n’est pas l’objet qui garde les souvenirs, c’est ce qu’on en fait ensemble. » Sur le chemin du retour, Camille porta la lanterne. Elle éclairait peu, pourtant personne ne se pressait de rentrer. Malik racontait sa mésaventure de l’astronaute sous la pluie, et Théo inventait déjà la prochaine histoire. Camille se demanda si, l’année suivante, ils pourraient accompagner d’autres enfants à leur tour.

Lis le texte, puis réponds aux questions.

FrançaisCréé par Guylaine avec Coprof.ca · 24 octobre 2026 · v0.2 · db1834a