La rafale sur le sentier
Un samedi de février, Malik partit avec sa famille sur un sentier de motoneige près de Saint-Côme, dans Lanaudière. Son père conduisait la première machine; sa mère suivait avec Anaïs, la petite sœur de Malik. Les deux enfants portaient un casque et des lunettes, bien attachés derrière un adulte. D’abord, ils avancèrent doucement entre les sapins chargés de neige. Malik observait les balises orange au bord du sentier et les traces de lièvres qui zigzaguaient près des arbres. Le moteur ronronnait, et l’air froid lui piquait le nez. Il souriait sous son foulard.
À une halte, leur père sortit une carte plastifiée. Il leur montra le trajet jusqu’à un refuge où ils pourraient boire du chocolat chaud. « Nous suivrons les balises et nous resterons ensemble », rappela-t-il. Malik voulait surtout voir le grand pin marqué d’un ruban bleu, près d’un virage. Sa grand-mère lui en avait parlé; elle disait que ses branches formaient un toit au-dessus du sentier. Puis la famille reprit la route. Les motoneiges passèrent devant un ruisseau gelé, sans s’en approcher, et montèrent une pente douce. Le soleil brillait encore entre les nuages gris.
Un peu plus loin, le ciel s’assombrit. Tout à coup, une rafale souleva la neige et brouilla les balises. Le père de Malik ralentit, puis s’arrêta dans un espace dégagé, loin du bord de la pente. La mère s’immobilisa derrière lui. Personne ne s’éloigna avant que les adultes aient vérifié que l’endroit était sûr. Malik sentit son ventre se nouer, parce que le sentier semblait avoir disparu. La petite sœur demanda doucement si le refuge était encore loin. Pourtant, son père gardait son calme : il consulta la carte et attendit que la neige retombe.
Pendant ce temps, le vent mordait les joues de Malik. Il serra ses mitaines et regarda autour de lui. Une idée lui traversa l’esprit : le grand pin au ruban bleu devait se trouver après le virage, du côté gauche. Il expliqua son souvenir à ses parents, sans bouger de place. Sa mère aperçut alors une tache bleue sur un tronc, presque cachée sous la neige. « C’est peut-être le pin », dit-elle. Le père vérifia la carte, puis observa la balise orange voisine. Le vent diminuait peu à peu.
Ensuite, le père compara les arbres à la carte. La tache bleue était bien le ruban du pin; la balise orange indiquait le sentier, quelques mètres plus loin. Il leur demanda de repartir lentement, en gardant une bonne distance entre les deux motoneiges. La neige tombait encore, mais les marques devenaient visibles à mesure que le vent poussait les flocons. Malik suivait chaque repère et les annonçait à voix haute. Bientôt, ils aperçurent le refuge de bois. Sa lumière jaune brillait dans la grisaille, comme une petite étoile. Ils avaient retrouvé le bon chemin.
À l’intérieur, leurs joues se réchauffèrent près du poêle, pendant que leur père téléphonait au club pour signaler la rafale. Anaïs riait déjà de son capuchon plein de neige. Malik, lui, repensait à son idée : elle avait aidé le groupe, mais la carte et les balises avaient confirmé la route. Finalement, quand le ciel s’éclaircit, ils reprirent le chemin du chalet avec leurs parents. Malik n’avait pas conduit la motoneige, pourtant il se sentait fier d’avoir observé attentivement et d’être resté près de sa famille. Le retour lui sembla moins long que l’aller.
Lis le texte, puis réponds aux questions.
Dans quelle région la famille fait-elle sa sortie?
Qu’est-ce qui rend les balises difficiles à voir?
Quel repère permet aux adultes de reconnaître le sentier près du pin?
Pourquoi Malik annonce-t-il les repères à voix haute?
Que montre le fait que le père vérifie la carte avant de repartir?
Comment le passage où le sentier semble disparaître te fait-il réagir? Appuie ta réponse sur un détail du récit.
Quel passage trouves-tu le plus réussi pour imaginer l’aventure? Explique ton choix en parlant des mots de l’auteur.
Dans la phrase « Une idée lui traversa l’esprit : le grand pin au ruban bleu devait se trouver après le virage, du côté gauche. », que signifie « Une idée lui traversa l’esprit »?
Dans la phrase « Ensuite, le père compara les arbres à la carte. », que nous indique le mot « Ensuite » sur le déroulement des événements?