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Mathématiques3 min de lecture

Mélanger les types de problèmes améliore l'apprentissage des maths

Quand des élèves s'exercent sur des problèmes mêlés plutôt que groupés par type, ils réussissent bien mieux le test final : environ 74 % contre 42 % un mois plus tard. C'est l'effet d'alternance (« interleaving »).

D’après Rohrer (2015) · Ajouté le 3 juin 2026

L’essentiel

  • Un mois après la révision, les problèmes travaillés en alternance sont réussis à environ 74 %, contre 42 % pour ceux travaillés en blocs.
  • Mêler les types force l'élève à choisir sa stratégie à chaque problème — c'est cet effort de tri qui ancre l'apprentissage.
  • L'avantage grandit avec le temps ; en contrepartie, la pratique est plus lente et exigeante sur le coup.

Le chiffre

74 % vs 42 %

au test un mois plus tard (problèmes mêlés vs groupés)

Source

Rohrer, D., Dedrick, R. F. & Stershic, S. (2015). Journal of Educational Psychology.

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Étude contrôlée

Résumé Coprof d'après la source citée. Les chiffres proviennent de l'étude originale.

La manière la plus courante de pratiquer les maths, c'est de faire une page de problèmes du même type, l'un après l'autre : dix problèmes de pente, puis dix problèmes de droite. Rohrer, Dedrick et Stershic montrent qu'on apprend mieux en faisant l'inverse, en mêlant les types de problèmes plutôt qu'en les groupant.

L'expérience

Cent vingt-six élèves de 7e année (l'équivalent du secondaire 1 ici) ont reçu exactement les mêmes problèmes de maths sur trois mois. Seul l'ordre changeait. Pour une moitié des notions, les problèmes étaient groupés : tous les problèmes de pente dans un même devoir. Pour l'autre moitié, ils étaient mêlés : les types s'alternaient d'un devoir à l'autre. Chaque élève a donc vécu les deux conditions, ce qui élimine l'« effet bon élève ». Après une révision, un test surprise est tombé un jour ou trente jours plus tard.

Le test mêlé l'emporte nettement. Trente jours après la révision, les élèves réussissaient environ 74 % des problèmes qu'ils avaient travaillés en alternance, contre environ 42 % pour ceux travaillés en blocs, un écart de plus de trente points. Le lendemain de la révision, l'avantage existait déjà, mais plus modeste : environ 80 % contre 64 %. Fait remarquable : l'avantage de l'alternance grandit avec le temps au lieu de s'estomper.

Pourquoi ça marche

Quand tous les problèmes d'une page sont du même type, l'élève n'a plus à se demander quoi faire : il l'a appris à la première ligne, puis il répète. Il s'entraîne à exécuter une procédure, jamais à la choisir.

Or, à l'examen comme dans la vraie vie, les problèmes n'arrivent pas étiquetés. La vraie difficulté des maths est souvent là : reconnaître quel type de problème on a sous les yeux. Mêler les types pendant la pratique force cet effort de tri à chaque problème. C'est plus exigeant, plus lent sur le coup, et c'est précisément cet inconfort qui construit un apprentissage qui tient.

En pratique

Pas besoin de tout refondre. Au lieu de regrouper les problèmes par chapitre dans un devoir, mélangez-en deux ou trois types déjà vus. Glissez régulièrement de vieilles notions dans les exercices du jour. Et, de temps en temps, posez des questions sans en annoncer le type, pour que l'élève s'entraîne à reconnaître le terrain avant de calculer.

Une nuance honnête : l'étude porte sur des élèves de 7e année, soit le tout début du secondaire. Les principes (apprendre à choisir, pas seulement à exécuter) se transposent au 3e cycle du primaire, mais les chiffres exacts, eux, appartiennent à cette classe-là.

Résumé Coprof d'après Rohrer, Dedrick & Stershic (2015).

En classe

  • Mêle les types de problèmes dans un même devoir au lieu de les grouper par chapitre.
  • Glisse des problèmes des semaines passées dans les exercices d'aujourd'hui.
  • Pose des questions sans en annoncer le type, pour forcer l'élève à choisir sa stratégie.