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Mathématiques3 min de lecture

Montrer un problème déjà résolu avant de faire pratiquer

Cette méta-analyse de 55 études trouve un effet moyen de 0,48 pour les exemples résolus en mathématiques. Deux surprises : les exemples corrects seuls font mieux que les exemples erronés, et y ajouter des consignes d'auto-explication nuit plutôt qu'il n'aide.

D’après Barbieri (2023) · Ajouté le 13 août 2026

L’essentiel

  • 43 articles, 55 études et 181 tailles d'effet : l'effet moyen des exemples résolus est de 0,48.
  • Les exemples corrects seuls produisent de plus grands effets que les exemples erronés ou les combinaisons des deux.
  • Ajouter des consignes d'auto-explication a produit des effets négatifs par rapport aux exemples résolus seuls.
  • Le corpus va du primaire au postsecondaire : le chiffre n'est pas propre au primaire.

Le chiffre

g = 0,48

effet des exemples résolus sur la performance en mathématiques

Source

Barbieri, C. A., Miller-Cotto, D., Clerjuste, S. N. & Chawla, K. (2023). Educational Psychology Review.

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Méta-analyse

Résumé Coprof d'après la source citée. Les chiffres proviennent de l'étude originale.

Faut-il montrer aux élèves un problème entièrement résolu, ou les laisser chercher ? L'« exemple résolu » est l'un des dispositifs les mieux étudiés en enseignement des mathématiques. Barbieri et ses collègues en ont fait le bilan, et deux de leurs résultats vont contre des pratiques répandues.

Ce que dit l'étude

Après un tri sur plus de huit mille résumés, les auteurs ont retenu 43 articles rapportant 55 études et 181 tailles d'effet. L'effet moyen des exemples résolus sur la performance en mathématiques est moyen : g = 0,48.

Le corpus couvre du primaire au postsecondaire. C'est une limite à connaître : le 0,48 est une moyenne sur l'ensemble de cet éventail, pas une mesure propre à une classe de 4e année.

Les deux surprises

Première surprise : les exemples corrects font mieux. L'idée de montrer des solutions erronées pour faire chasser l'erreur est séduisante et très présente dans le matériel pédagogique. Or les exemples corrects seuls produisent des effets plus grands que les exemples erronés, et que les combinaisons des deux.

Seconde surprise : l'auto-explication nuit. On recommande souvent de demander à l'élève d'expliquer chaque étape de l'exemple qu'il observe. Dans cette synthèse, l'ajout de consignes d'auto-explication a produit des effets négatifs par rapport à l'exemple résolu seul. Les auteurs en tirent une formule prudente : ce n'est probablement pas une modification fructueuse.

L'explication la plus plausible tient à la charge mentale. Un élève qui découvre une démarche a déjà fort à faire pour la suivre ; lui demander en plus de la verbaliser à chaque étape ajoute une tâche par-dessus celle qu'on veut lui faire apprendre.

En pratique

Le geste de base est simple et probablement déjà le tien : avant de lancer la pratique, résoudre un problème complet devant la classe, sans sauter d'étape. Ce que l'étude ajoute, c'est deux garde-fous.

Le premier : montrer la démarche juste. Les exemples fautifs ont leur place plus tard, quand la procédure est installée, pas comme porte d'entrée.

Le second : ne pas surcharger. L'exemple résolu fonctionne parce qu'il allège. Chaque consigne qu'on empile par-dessus grignote ce qui en fait la force.

Résumé Coprof d'après Barbieri, Miller-Cotto, Clerjuste & Chawla (2023), Educational Psychology Review.

En classe

  • Avant de lancer la pratique, résous un problème complet devant la classe, étape par étape.
  • Privilégie les exemples corrects : chercher l'erreur dans un exemple fautif rend moins que voir la démarche juste.
  • Alterne un exemple résolu et un problème à faire, plutôt que d'enchaîner les exercices seuls.