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Travailler la formation des mots aide surtout les élèves faibles

En réunissant 22 études, cette synthèse conclut que l'enseignement de la morphologie — préfixes, suffixes, familles de mots — profite aux élèves, avec un bénéfice particulier pour les lecteurs plus faibles. Il n'est pas moins efficace chez les plus jeunes.

D’après Bowers (2010) · Ajouté le 13 août 2026

L’essentiel

  • Vingt-deux études, auprès d'élèves du préscolaire à la 8e année, sur l'enseignement de la morphologie.
  • L'enseignement de la morphologie profite aux apprenants, avec un bénéfice particulier pour les lecteurs moins habiles.
  • Il n'est pas moins efficace chez les jeunes élèves, contrairement à une crainte répandue.
  • Il rend davantage lorsqu'il est combiné à d'autres enseignements de la littératie plutôt que donné isolément.

Le chiffre

22 études

sur l'enseignement de la morphologie, du préscolaire à la 8e année

Source

Bowers, P. N., Kirby, J. R. & Deacon, S. H. (2010). Review of Educational Research.

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Méta-analyse

Résumé Coprof d'après la source citée. Les chiffres proviennent de l'étude originale.

La morphologie, c'est la façon dont les mots sont fabriqués : un radical, parfois un préfixe, souvent un suffixe. En français, c'est un terrain particulièrement riche — les lettres muettes s'expliquent souvent par la famille du mot. Bowers, Kirby et Deacon ont réuni la recherche pour savoir ce que rapporte le fait de l'enseigner explicitement.

Ce que dit l'étude

Les auteurs ont passé en revue les études évaluées par les pairs portant sur des élèves du préscolaire à la 8e année, et en ont retenu 22. Ils ont examiné les effets de l'enseignement de la morphologie sur la lecture, l'orthographe, le vocabulaire et les habiletés morphologiques elles-mêmes, en distinguant à chaque fois quatre choses : les lecteurs moins habiles des échantillons tout-venant, les élèves jeunes des plus âgés, et l'enseignement donné isolément de celui combiné à d'autres apprentissages de la littératie.

Quatre conclusions ressortent. L'enseignement de la morphologie profite aux apprenants. Il apporte un bénéfice particulier aux lecteurs moins habiles. Il n'est pas moins efficace chez les élèves plus jeunes. Et il rend davantage combiné à d'autres enseignements qu'administré seul.

Les deux résultats les plus utiles

Le premier concerne les élèves en difficulté. On a souvent le réflexe inverse : réserver le travail sur la formation des mots aux élèves qui lisent déjà bien, et maintenir les autres sur le décodage. Ces données suggèrent que ce sont justement les lecteurs plus faibles qui en tirent le plus.

Le second concerne l'âge. La crainte que la morphologie soit « trop abstraite » pour le premier cycle ne trouve pas d'appui ici : l'enseignement n'est pas moins efficace chez les jeunes élèves.

Une précision sur les chiffres

L'étude rapporte ses effets par catégorie de résultat — morphologique, orthographique, lexical — et par groupe de comparaison, plutôt que sous la forme d'un chiffre unique. C'est plus honnête, mais moins commode à citer : il n'existe pas de « taille d'effet de la morphologie », et il faut se méfier de ceux qui en avancent une.

En pratique

Le geste le plus simple est de cesser d'enseigner les mots un par un. Devant un mot nouveau, on demande d'où il vient et qui sont ses parents : chant, chanteur, chanson, chantonner. Ce travail explique du même coup des orthographes qui, autrement, doivent être mémorisées telles quelles — et il rend le plus quand il vit à l'intérieur des périodes de lecture et d'orthographe, plutôt que dans une leçon séparée.

Résumé Coprof d'après Bowers, Kirby & Deacon (2010), Review of Educational Research.

En classe

  • Enseigne les mots par famille plutôt qu'un à un : « chant », « chanteur », « chanson » se tiennent.
  • Fais repérer le radical, le préfixe et le suffixe dans les mots nouveaux d'un texte.
  • Combine ce travail à l'enseignement de la lecture et de l'orthographe : c'est en combinaison qu'il rend le plus.