Compréhension de lecture

La dernière citrouille (version enrichie)

  • Français
  • 4e année
  • 1 section
  • Nouveau programme de français 2026

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Français — 4e année · La dernière citrouille — version enrichie

La dernière citrouille (version enrichie)

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Le texte

Le 31 octobre, Élise rentrait de l’école, dans un rang paisible près de Kamouraska. Les érables, presque dépouillés, laissaient leurs dernières feuilles rouges tourbillonner contre les clôtures. Un vent frais les poussait en petits amas qui couraient sur le chemin. Ce soir-là, elle devait retrouver son frère Malik pour la tournée d’Halloween. Dans la poche de son manteau, elle gardait une petite lampe de poche; les nuages épais avaient effacé la lune et assombri la campagne. Au bout du chemin, une maison abandonnée semblait attendre les visiteurs. Depuis des années, personne n’y habitait, mais une lueur apparaissait parfois derrière sa fenêtre ronde, pareille à un œil entrouvert.

Malik l’attendait près de la boîte aux lettres, vêtu d’un costume de loup gris. Dans une main, il tenait un sac orange; dans l’autre, une carte que leur grand-mère avait dessinée. Une croix sombre indiquait la maison abandonnée. À côté, une phrase mystérieuse annonçait : « Une surprise vous attend quand la cloche sonnera. » Élise soupçonna leur grand-mère de leur jouer un tour, mais elle ne se souvenait pas d’avoir déjà vu cette carte. Malik affirma l’avoir trouvée sous la porte de la cuisine en rentrant de l’école. Le papier portait une tache de cire noire et dégageait une légère odeur de fumée.

Ils gagnèrent la vieille maison en faisant crisser sous leurs bottes les feuilles humides. Derrière eux, les décorations des autres maisons scintillaient comme de minuscules balises dans la nuit. La porte était entrouverte, comme si quelqu’un les avait déjà entendus arriver. Malik frappa trois fois, exactement comme le demandait la carte. Aussitôt, une clochette tinta à l’intérieur, bien qu’aucun courant d’air ne remuât les rideaux poussiéreux. Un frisson parcourut le dos d’Élise. Elle braqua sa lampe sur le plancher : des empreintes boueuses conduisaient à l’escalier, puis s’interrompaient brusquement au milieu d’une marche. Aucune ne revenait vers la porte. Le silence, pesant, semblait retenir son souffle.

Malik voulut appeler leur grand-mère, mais son téléphone n’avait plus de réseau. Du haut de l’escalier, une voix douce s’éleva : « Vous êtes en retard. » Les enfants échangèrent un regard inquiet. Élise reconnut la voix de madame Gagnon, leur ancienne voisine, qui était partie vivre à Rivière-du-Loup au printemps. Cette dame réparait les vieilles horloges avec patience et racontait volontiers des histoires de fantômes. Pourtant, comment pouvait-elle se trouver dans cette demeure vide? Malik resserra sa prise sur le sac de bonbons et demanda s’ils devaient monter. Un pas lourd résonna à l’étage; puis, brusquement, tout redevint silencieux.

Avant qu’Élise puisse répondre, une lueur bleue glissa sous la porte du grenier. La cloche tinta de nouveau. Une enveloppe descendit alors le long de la rampe et atterrit près de Malik. Il l’ouvrit avec précaution : elle contenait une petite photographie de madame Gagnon, jeune, devant la maison. Au verso, quelques mots étaient tracés : « Merci de ne pas oublier la dernière citrouille. » Élise comprit que la surprise n’était peut-être pas une friandise. En se tenant près l’un de l’autre, les enfants montèrent lentement et appelèrent leur voisine. Dans le grenier, une citrouille sculptée diffusait une lumière bleutée, sans bougie ni pile apparente. Son sourire découpé semblait leur adresser une réponse silencieuse.

Soudain, la porte du grenier s’ouvrit d’elle-même. Madame Gagnon apparut, drapée dans un châle violet et tenant une vieille lanterne. En voyant leurs visages pâles, elle éclata de rire, puis les rassura. Avant son déménagement, expliqua-t-elle, elle avait caché la carte afin de leur confier une tradition familiale. Chaque Halloween, elle éclairait la dernière citrouille de son jardin en souvenir de son frère, qui adorait cette fête. La lueur bleue provenait d’une petite lampe dissimulée sous la citrouille. Élise sourit, enfin soulagée. Pourtant, la cloche tinta encore une fois. Cette fois, la lanterne était éteinte. Dans l’obscurité, quelqu’un frappa trois coups contre la porte.

Lis le texte, puis réponds aux questions.

FrançaisCréé par Anne avec Coprof.ca · 23 octobre 2026 · v0.2 · 7936d97