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Méthodes d'étude3 min de lecture

Au primaire, le temps passé aux devoirs est très peu lié à la réussite

Dans cette synthèse de la recherche américaine depuis 1987, le lien entre le temps passé aux devoirs et la réussite est net au secondaire (environ 0,20) mais très faible au primaire (environ 0,05) — et, au primaire, il n'est pas statistiquement différent de zéro.

D’après Cooper (2006) · Ajouté le 13 août 2026

L’essentiel

  • Le lien entre temps passé aux devoirs et réussite est d'environ 0,20 au secondaire, contre environ 0,05 au primaire.
  • Au primaire, ce lien n'est pas statistiquement différent de zéro.
  • Ce sont des corrélations : elles décrivent une association, jamais une cause.
  • Les auteurs signalent eux-mêmes que toutes les études examinées, quel que soit leur devis, présentaient des défauts.

Le chiffre

0,05 vs 0,20

corrélation devoirs–réussite : primaire vs secondaire

Source

Cooper, H., Robinson, J. C. & Patall, E. A. (2006). Review of Educational Research.

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Méta-analyse

Résumé Coprof d'après la source citée. Les chiffres proviennent de l'étude originale.

Peu de sujets divisent autant les salles des profs et les cuisines familiales que les devoirs. Cooper, Robinson et Patall ont synthétisé la recherche américaine menée sur la question depuis 1987. Leur résultat le plus utile pour le primaire n'est pas celui qu'on cite d'habitude.

Ce que dit l'étude

Les auteurs regroupent les travaux selon quatre types de devis de recherche. Vue d'ensemble, ils trouvent des indices « globalement cohérents » d'une influence positive des devoirs sur la réussite — c'est le résultat que tout le monde retient.

Mais une interaction avec le niveau scolaire traverse toute la synthèse. Parmi les études rapportant de simples corrélations entre temps de devoirs et réussite, le lien est nettement plus fort de la 7e à la 12e année qu'au primaire. Chiffré : environ 0,20 au secondaire, contre environ 0,05 au primaire. Et, au primaire, cette corrélation n'est pas statistiquement différente de zéro.

Le même contraste réapparaît d'une analyse à l'autre, y compris quand on change la façon d'estimer l'erreur. Ce n'est pas un accident de calcul.

Trois précautions à garder

D'abord, il s'agit de corrélations. Elles disent que le temps de devoirs et la réussite varient ensemble — ou pas —, jamais que l'un cause l'autre. Un élève en difficulté peut passer plus de temps sur ses devoirs parce qu'il est en difficulté, ce qui suffit à brouiller le lien.

Ensuite, les auteurs sont explicites : toutes les études examinées, quel que soit leur devis, présentaient des défauts de conception. La synthèse dessine une tendance, pas une mesure de précision.

Enfin, « peu lié à la réussite » ne veut pas dire « sans valeur ». Un devoir au primaire peut servir à installer une routine, à donner de la visibilité aux parents, ou à reprendre une notion précise. Ce que l'étude conteste, c'est l'équation entre temps passé et rendement scolaire à cet âge.

En pratique

La conclusion raisonnable pour une classe du primaire n'est pas de supprimer les devoirs, mais de cesser de les mesurer en minutes. Un devoir court et ciblé sur une reprise précise a plus de sens qu'un volume à remplir. Et quand la question revient à la rencontre de parents — « est-ce qu'il en a assez ? » —, cette synthèse donne une réponse défendable : au primaire, ce n'est pas la durée qui fait la différence.

Résumé Coprof d'après Cooper, Robinson & Patall (2006), Review of Educational Research.

En classe

  • Au primaire, juge un devoir à ce qu'il fait travailler, pas au temps qu'il occupe : allonger la durée n'est pas ce qui paie.
  • Garde les devoirs courts et ciblés sur une reprise précise plutôt que sur un volume à remplir.
  • Quand tu expliques ta pratique aux parents, parle de régularité et de sens, pas de minutes.